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 Aimez-vous Bach (3è séquence)

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Jafou

Jafou

Date d'inscription : 01/06/2011
Age : 89
Localisation : Aquitaine

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MessageSujet: Aimez-vous Bach (3è séquence)   Aimez-vous Bach (3è séquence) EmptySam 11 Mai - 22:18

Je trouve que j’ai été très bien dans cette première séquence. J’y ai mis sincérité et recueillement en me gardant de toute emphase. Vraiment, je me suis plu ! Je me le dois ; c’est une responsabilité que je me suis délibérément donné en dédoublant mon mental !
__

Je m’éponge le front... Ré majeur...
J’avoue n’avoir jamais compris pourquoi on dit : “Messe en Si mineur” alors que la dominante la plus présente est celle du glorieux Ré majeur à treize contre six. Mais bien sûr, on commence en Si mineur !
CHRISTE... D’Allemande qu’elle était la partition se donne des tournures italiennes. Scandées par le continuo, les cordes des deux pupitres de violons me dessinent de gracieuses arabesques entre lesquelles j’insère sans heurt un duo des sopranos qui dialoguent, se séparent, conversent. Par trois fois j’invoque ainsi le Fils avec tendresse et confiance.
Fa dièse mineur... KYRIE de nouveau ; mais cette fois c’est le Saint-Esprit qui est sollicité par un motet fugué à quatre voix sobres ; Chœur et Orchestre, sans cuivres...
__

Attention, tout le monde... Que soit chantée la Gloire de Dieu. On se déchaîne, on clame la louange dans cet hymne à la joie qui débute !
Ré majeur... GLORIA. D’un geste j’ai provoqué l’allégresse. Les timbales martèlent, les trompettes sonnent ; à pleine voix le Chœur et l’Orchestre répondent. La salle est toute emplie de la plus pure des polyphonies chantant en fanfare la Gloire de Dieu.
Mon visage, mes visages ruissellent. La musique est pleinement  en moi au pupitre et gagne mon fauteuil !
...ET PAX IN TERRA...  D’un mouvement sans appel j’ai stoppé les trompettes... Douceur... Douceur... Douceur fuguée... Et puis revient la joie en vocalises étonnantes et de nouveau je lâche les cuivres... HOMO BONAE VOLONTATIS. D’un coup mes mains ont tout arrêté ; silence.
La majeur...  La voix soprano bavardant avec un violon solo que soutient le quatuor à cordes et le continuo entre en extase pour louer le Seigneur : LAUDAMUS TE...
Tout au service du lyrisme de Bach, mes mains les soulèvent vers les tessitures les plus extrêmes et les ramènent doucement jusqu’au sol. C’est un air qui habite Bach et se retrouve dans nombre d’œuvres qu’il a signées.
Retournons en gloire au Ré majeur :
...GRATIAS AGIMUS TIBI PROPTER MAGNAM... Dans la plénitude de ta Majesté nous te rendons grâce. Trompettes, annoncez longuement l’avènement de Dieu !
__

Je sens qu’une transe m’habite. Sur mon pupitre les pages longuement annotées par mes soins, tournent follement ; je lis vingt portées d’un coup d’œil, ma voix chante, mes mains sont celles de Bach !
...DOMINE DEUS, REX CELESTIS... Soprano, ténor, les voix se poursuivent en canon ; flûtes et cordes composent avec elles un somptueux quatuor où tantôt à l’unisson, tantôt entrelacées, elles chantent Dieu le Père tout puissant... 
Sèchement j’arrête tout une fraction de seconde...
Mi mineur... Superposées, dissonantes, syncopées les voix du ténor et de la soprano quittent le Père pour le Fils : AGNUS DEI FILIUS PATRIS... Et reviennent à la dominante Si mineur.
...QUI TOLLIS PECCATA MUNDI... Je guide doucement ; mes mains apaisent les deux flûtes et les cordes, font murmurer le Chœur à quatre voix pour rappeler que ce Fils mourra comme l’agneau d’Abraham, qui effacera les péchés du monde... Fa dièse !
__

“Vous qui êtes assis à la droite du Père”... Si mineur. Avec une suppliante souplesse, je fais entrer la voix d’alto (la préférée de Bach) dans un duo avec le Hautbois d’amour ; les cordes et la basse soutiennent. Librement la voix au timbre chaud s’épanouit et doucement les instruments se taisent... A capella !
Ré majeur encore ; d’un mouvement de la main j’appelle le Cor ; deux bassons l’encadrent aussitôt puis la voix de basse s’élève puissante répondant au cor, vocalise pour vocalise, dans un étonnant prodige musical, pour affirmer gravement que Jésus-Christ est seul, Saint, Seigneur et Très Haut...  Une fraction de temps encore et je relance tout : Chœur, Orchestre. Chantez trompettes, battez tambours, que soit clamée la joie haletante dans l’Univers entier !.. Ré Majeur... CUM SANTO SPIRITO IN GLORIA DEI PATRIS !
__

Tout le monde respire et tousse. Il faut un souffle nouveau pour proclamer et entendre la Foi.
Ré majeur toujours... CREDO IN UNUM DEUM !
Chœur immense à huit voix d’ascendance grégorienne, c’est toute l’ampleur polyphonique dont est capable Bach qui filtre entre mes doigts.
Voici que nous parvenons au plus grand des mystères du dogme : la dualité du Père incarné dans le Fils :
... ET IN UNUM DEUM DOMINUM JESUM CHRISTUM FILIUM DEI UNIGENITA...
C’est donc un double duo Soprano-Alto et Hautbois d’Amour-Quatuor à cordes dont mes mains entrelacent les voix en Sol majeur dans un canon serré à l’unisson, à la quarte, à la tierce...
......ET INCARNATUS EST DE SPIRITU SANCTO... Je convie tout le Chœur et les Cordes à exprimer la douleur du Don qui est fait à l’humanité face à son indignité pécheresse !
D’un accord parfait, en ligne descendante, j’affirme l’Incarnation tandis qu’en sens inverse... EX MARIA VIRGINE, monte la Gloire de Marie élue entre toutes !
Les basses sonnent un glas...
...CRUCIFIXUS... Flûtes, violons et Chœur disent le désespoir. Je conduis lentement avec solennité et fait plonger l’ensemble vers les tons graves que j’englouti dans le sépulcre ouvert...
C’est une Chacone que chante le Chœur ; à petits gestes saccadés des doigts je fais circuler un morne lambeau de phrase... PASSUS ET SEPULTUS EST... Traduisant la torpeur incrédule qui saisit le monde à l’heure ultime où tout est consommé...
Lentement, lentement, ménageant mes effets je quitte Mi mineur, passe en Sol majeur mystérieux : quelque chose nous arrive... Ré majeur !
Que tourbillonne la joie, débordant contre-point au désespoir de la Mort. Trompettes, Timbales, Cordes et bois et vous le Chœur, les flûtes, le continuo, clamez à pleine voix la Résurrection, la splendeur du Règne, l'Ascension, le jugement dernier. Mes bras ne sont plus assez grands pour signifier l’ampleur de votre joie. Libérez-vous, emplissez le ciel et la terre, en La, en Si, en Ré ; dites et redites la joie du monde, l’ouragan du bonheur...
...ET RESURREXIT TERTIA DIE SECUNDUM SCIPTURAS, ET ASCENDIT IN CŒLUM, SEDET AD DEXTERAM PATRIS ET ITERUM VENTURUS ET CUM GLORIA JUDICARE VIVOS ET MORTUOS... Le Hautbois d’Amour répondant à la voix grave de la Basse solo salue sobrement le Saint-Esprit qui procède du Père et du Fils et les engendre... ET IN SPIRITUM SANCTUM...
Alors, d’un coup, lancé par ma main droite le Chœur tout entier affirme le canon de la foi chrétienne, en Ré majeur de nouveau : Baptême ; Rémission des péchés ; Résurrection. C’est à Palestrina qu’est emprunté le style du Baptême et au Grégorien celui de la rémission et je dois veiller à bien faire passer cette différence voulue par Bach... CONFITEOR...
A cet instant, chaque mot, chaque note vient de mes mains dans une construction harmonique extraordinaire qui dit l’attente angoissée de l’humanité toute entière refusant la mort !
Et dans un Ricercare jubilatoire je libère l’Orchestre et les Trompettes de toute contrainte pour qu’ils proclament en fanfare la Résurrection des morts... ET EXPECTO RESURECTIONEM MORTUORUM ET VITAM VENTURI SÆCULI...
___

Mon Dieu, comme j’ai aimé de mon fauteuil ce que je me voyais faire ; comme je me suis aimé tandis qu’à mon pupitre je ressentais toute la communion de la salle avec moi ; en moi.
Mais il me semble que je me dépasse encore qu’une nouvelle fois je me dédouble / Diriger la partition de Bach ne me suffit plus ; je veux l’écrire et me baigner dans son génie !
====================================


Nous sommes à la fin de 1735 dans une pièce au plafond bas qu’éclairent deux chandelles et un feu de bois dans l’âtre. Je suis assis sur une chaise raide à haut dossier à une table en bois rude couverte de partitions ; trois bougies de cire éclairent le clavier d’un clavecin.
Je suis Jean-Sébastien Bach, Cantor de Saint-Thomas de Leipzig et Maître de la Thomasshule où j’enseigne la musique, le chant et... Le latin !
J’ai en charge toute la vie musicale religieuse, et profane (peu de choses !), de la ville. Pas seulement à Saint-Thomas mais dans les trois autres églises aussi. A Saint-Thomas je suis organiste, maître de chapelle, directeur de l’orchestre et des chœurs et compositeur des œuvres qui accompagnent le déroulement de l’ordinaire de la liturgie Luthérienne, de préférence en allemand sans que pour autant le latin soit prohibé. Cela viendra !
Bientôt je porterais le titre envié (et fort bien rémunéré !) de “Compositeur de la Cour de Saxe” (qui est Catholique Romaine !)
Je suis grand, lourd, austère et peu riant : un homme sérieux et pénétré de ses devoirs ! Mon front est large, mes yeux profondément enfoncés sous leurs arcades ; j’ai la bouche et le nez épais, puissants et volontaires.
Je sais tout de la musique, des compositeurs, des styles, des genres qui m’ont précédé. Leur Art je veux le porter au summum de ses possibilités pour la plus grande Gloire de Dieu... Et la mienne !
La vie que dans sa grande bonté Dieu m’a accordée, grâce au dévouement de mes deux épouses successives, je l’ai retransmise vingt fois !
J’adore faire chanter les voix de contre-alto et leur imposer des vocalises impossibles. J’en exige d’ailleurs tout autant des Cors et des Trompettes, instruments peu prédestinés à cela, mais n’est-ce pas de la difficulté combattue et vaincue que jaillit la lumière et la gloire.
Je gouverne ma vie, ma famille et mon art avec les mêmes rigueurs, en serviteur éclairé et fervent du Tout-Puissant. Je laisserai, s’Il y consent, une œuvre magistrale qui apportera aux générations futures la connaissance absolue de l’art de la Fugue, de l’emploi du contre-point et de la pratique du clavier... 
Pour le reste je chanterai Dieu et l’offrande que je lui fait humblement de moi-même dans toutes les formes que m’autorise mon art. Je raconterais Sa vie en musique : Nativité, enseignement, Passion... Présentement, je travaille au grand-œuvre qui sera mon testament en musique. Une messe que je veux œcuménique, qui soit au-dessus des chapelles, des clivages et que puisse introduire dans leur ordinaire aussi bien les Luthériens que les Calvinistes, les Catholiques romains ou même ceux qui se réclament du rite Grec.
J’achève dans sa forme définitive la troisième partie déjà ébauchée en 1724. Sur une page j’ai écrit en belles lettres gothiques (et signé) :


N° 3
SANCTUS à 6 voix
2 Soprani 3 Trompes
2 Alti         Tamburi
1 Ténor     3 Oboi
1 Basse   12 Violini
Continuo


Plus tard, vers 1739 je retranscrirai de ma main qui aura commencé de trembler les quatre parties sur un cahier unique pour bien montrer qu’il s’agit d’une œuvre unitaire. Je le ferais car je connais les hommes et sais que quelques exégètes, s’il s’en trouve et que je n’ai pas sombré dans l’oubli, prétendront que ce n’est ni une Messe, ni une Hohe missa “Messe brève” mais quatre pièces différentes sans liens entre elles dont la composition s’est étalée sur plus de neuf ans.
Les musiciens honnêtes seront vite convaincus en déchiffrant mes partitions qu’il s’agit non pas du rassemblement hétéroclite d’œuvres disparates mais bien d’un aboutissement dans lequel chaque partie trouve logiquement sa place pour chanter Dieu du mieux qu’il est possible après avoir longuement mûri.

__
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Le sombre minuit
Modérateur
Le sombre minuit

Date d'inscription : 30/05/2011
Age : 28
Localisation : Dijon

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MessageSujet: Re: Aimez-vous Bach (3è séquence)   Aimez-vous Bach (3è séquence) EmptyMar 14 Mai - 18:26

L'écriture est toujours aussi belle même si elle peut paraître hermétique à certains, à mon avis. Sinon je dois avouer que la vision de cette danse entre l'orchestre et le chef est impressionnante et remplit mon esprit d'images ! Mais quelle est la carotte ? C'est-à-dire qu'est-ce qui pousse le lecteur à savoir tout cela ? Personnellement je préfère me noyer dans le texte sans prendre gare à tout cela mais je sais qu'actuellement, il est difficile, pour les lecteurs, de s'accrocher à l'invisible qu'est la littérature !

_________________
http://la-voie-des-ames.overblog.com/

Ce spectacle terrifia Maxime ; les deux enfants ne s'étaient-ils pas combattus avec le seul intérêt de manger ? Ce combat avait détourné ses pensées de son mal ; devant l'acharnement dont ces petits avaient fait preuve, il songea à la loi brutale et sanguinaire de la lutte pour vivre. Mais ces enfants sauvages étaient si bons, alors il ne put que s'intéresser à leur sort et sut que le mieux était toujours de vivre et d'espérer.
Seulement pour garder l'harmonie dans la vie, et celle en tout homme, fallait-il toujours un médiateur ? Un homme ou une femme sachant toujours quoi dire et quoi faire ?
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