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 Avant le réveil.

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AuteurMessage
Hugoscargo



Date d'inscription : 12/09/2014

MessageSujet: Avant le réveil.   Mer 17 Déc - 23:05

Bonsoir à tous et enchanté. 

J'écris un roman de Fantasy depuis quelque temps déjà et je cherche avis et conseils.

J'avais déjà posté un bout de mon roman sur ce forum, mais pas dans la bonne rubrique (je ne suis pas très habitué au fonctionnement des forums, heureusement Extialis m'avait tout de même aperçu.).
 Je me permet donc de reposter le premier chapitre de mon livre : "Avant le réveil.", en espérant que je sois au bon endroit cette fois...

Merci !

Chapitre 1 :








La goutte de sueur dessina une trajectoire humide sur mon front. Elle obliqua soudainement pour continuer sa course le long de mon nez, sembla hésiter à faire le grand saut et resta suspendue un instant dans les airs… Je la délogeai d’un souffle.
Trois heures que j’étais allongé dans la terre poussiéreuse, recouvert de feuilles mortes, à me faire dévorer par tous les insectes du coin. Trois heures à attendre et cet enfoiré n’avait toujours pas montré le bout de son museau. Le soleil était pourtant bien haut dans le ciel mais tout le monde continuait de ronfler dans les tentes...
J’espérais que Brashek fût le premier à se lever ce matin-là. Si par malheur il était accompagné, je pouvais d’ors et déjà oublier ce maudit contrat et retourner à mes voleurs de poules. C'était toujours mieux que finir la journée une lame fichée entre les omoplates...
Une nouvelle pensée macabre me traversa l'esprit. Mon sang parut se glacer malgré la chaleur.
La mort... On est tous amené à la côtoyer à un moment ou à un autre. L'idée que l'on s'en fait dépend souvent de la valeur que l'on attribue à la vie. Certains disent cette dernière sacrée, d'autres la perçoivent comme une malédiction: chacun son opinion... Dans ma profession, la mort et la vie, ça se monnaye. Mais ce n'est pas pour autant que l'on tutoie la camarde. La proximité de la mort, ça met toujours mal à l'aise, surtout lorsqu'elle semble s'intéresser à vous...
Je farfouillai dans ma besace pour me changer les idées. J'en sortis mon dernier morceau de pain. Le goût rance qui accompagna son entrée dans mon gosier me fit soupirer. De quand datait mon dernier vrai repas ? Mieux valait ne pas s'attarder sur la question...
Tout en mastiquant, j’observais entre les arbres les chapiteaux gris en contrebas de la petite colline où je m‘étais établit. Les dernières braises d‘un feu de camp finissaient de se consumer lentement au milieu du campement encore désert. L’endroit était parfait pour se débarrasser de quelqu’un. Les arbres réduisaient la vision et y éliminer une cible isolée, aussi rusée et tristement célèbre soit elle, ne devait pas poser de difficulté insurmontable…
Le doyens lui-même m’avait indiqué où trouver le bandit dans la grande forêt. Le salaud en question et sa bande de traîne-savates rançonnaient maintenant son village depuis prés d’un an, aussi n‘avait-il eu aucun scrupule à me signaler l‘emplacement de leur campement. Si j’étais bien renseigné, ils devaient être sept au total et tous plus ou moins habiles l‘épée en main, à en juger par le fait qu’ils avaient réussis à venir à bout de la demi-douzaine de miliciens qui se trouvaient encore à Bourgpreux il y avait quelques mois de cela... Mais plus que tous les autres, leur chef m’intéressait, le fameux Brashek. Non content d‘être la tête pensante de sa fine équipe, le bougre pouvait se targuer d’en être de loin le plus doué avec une arme et la rumeur voulait même qu’il eut été colonel dans la légion de Miahras, avant que celle ci ne soit réduite en poussière par Les Trois. Depuis il écumait la grande forêt et attaquait les bourgades semblables à celle-ci. Pour parler franchement, c’était de loin mon plus gros contrat jusqu’à maintenant. Trop gros pour moi affirmaient certains. Mais voila, cinquante pierres pour une seule tête, ça ne se loupe pas .
Le fil de mes pensées fut interrompu par les mouvements d’une toile de tente. Un homme en chemise en sortit, mais pas le bon.  Le « lève-tôt » se dirigea vers l’un des tonneaux accolés aux tentes sales du campement et je pus l’entendre boire goulûment. Je lâchai un nouveau soupir, combien de temps devais-je encore patienter ? Et comment diable avais-je pu trouver cette position agréable lorsque je m'étais allonger en haut de mon petit talus peu avant l’aube ?! Je n’était même plus certain de sentir tous mes membres tant ils semblaient engourdis ! Sans compter que plus les minutes s'égrainaient, plus le nombre de bandits éveillés allait en augmentant; rendant ma tâche déjà délicate strictement suicidaire...
Je pestais encore intérieurement lorsque l’un des pans de la plus grande tente se souleva à son tour. Ma proie se montrait enfin. Grand et musclé, le crâne chauve et le corps d’une blancheur presque vive, il était imposant. Son torse nu était couvert de cicatrices boursouflées allant du rose vif au mauve profond; et malgré une couche de graisse superficielle au niveau de l‘abdomen, j’imaginais sans peine qu’à une époque son nom fût craint sur les champs de bataille.
Je déglutis. On a beau avoir la vie la plus minable qui soit, on s'y attache quand même que voulez vous...
A moitié nu au milieu des tentes mon gaillard bâilla à s’en décrocher la mâchoire puis s‘engagea sur la piste menant à leurs latrines. J’avais pris le soin de me placer en haut de la petite éminence qui cachait au campement l’endroit où ces messieurs venaient pour soulager leurs besoins. Dangereusement proche des tentes, mais cela pouvait suffire... A condition d’être silencieux.
Je suivis le bandit des yeux tout en restant à couvert. L'homme marchait lentement, probablement toujours dans le coltar. Arrivé à la lisière de la clairière, il s’arrêta, s’étira une dernière fois, puis s’enfonça enfin entre les arbres afin de profiter d’un peu plus d’intimité. Mon cœur accéléra un peu plus sa cadence : c'était mon tour. L’appréhension avait laissé place à la concentration. Lorsqu'il s'agit d'agir, j'évite de réfléchir aux conséquences de mes actes: Ça, il faut l'avoir fait avant, car sur le moment, ça n’amène jamais rien de bon...
Je préparai ma dague noircie à la flamme et commençai à progresser silencieusement dans la direction de l'homme qui me tournait alors le dos. Il me fallait faire attention au bruit de mes pas et je pris garde d’éviter les branches mortes et autres tas d’aiguilles de pins sèches qui jonchaient le sol pour ne pas trahir ma présence. J’avais entouré au préalable mes bottes de chiffons, minimisant ainsi les possibles craquements tandis que je m‘approchais de ma proie. Le bandit se mit à uriner en se raclant la gorge, c’était parfait. Seule une dizaine de pas séparaient encore ma lame de sa nuque. Je retins ma respiration et continuai ma progression silencieuse.
Sept pas… Six pas… Doucement, j’élevai mon bras, prêt à frapper… Quatre pas...
Je n’eus pas le temps de voir le revers de son avant-bras qui me projeta directement au tapis : l’enfoiré m’attendait !
Impossible de réfléchir. Le voici se jetant sur moi dans un grognement sourd avant même que je ne réalise ce qui m'arrivait. Par chance, je le savais désarmé. Fâcheusement ma propre lame venait de m'échapper lors de ma chute et je me retrouvais à défendre ma peau bec et ongle contre cette brute qui devait bien peser deux fois mon poids. Il me saisit à la gorge et entreprit de m’étrangler. Le salaud avait les mains dures. Impossible de lui faire lâcher prise tant il m’écrasait. Je le mordis au bras, lui arrachant un petit bout de chair poilue ainsi qu‘un juron bien grossier. Ma piètre riposte eu l'effet escompté, il recula son bras blessé et je pus enfin inspirer un peu d'air... Mais pas trop. À peine eu-je le temps d’apercevoir son gros poing se dresser au-dessus de ma tête, que déjà il s’abattait sur moi avec une violence inouïe. Une douleur aiguë parcourut mon visage, ma vision se troubla et à demi conscient je perçus du bout des doigts mon arme tombée plus tôt. Je m‘en emparai en tâtonnant et la lui enfonçai dans le bas-ventre. Le bougre m’asséna un nouveau coup sur le nez et je manquai de m’évanouir tandis qu’il reprenait son étranglement comme si rien ne s’était passé. Je tentai tant bien que mal de retirer le couteau mais il était bien enfoncé. Les yeux fous du bandit semblaient sur le point de sortir de leurs orbites. De la bave s’échappait en longs filets visqueux de la commissure de ses lèvres comme il m’adressait en grondant un sourire carnassier, certainement ravis de m’étouffer ainsi sous ses mains. Dans un ultime effort je réussis à arracher la lame jusqu'alors prisonnière, qui échappa aussitôt à ma poigne fébrile. Sur le point de perdre connaissance je sentis un geyser de sang chaud jaillir sur mon bras. Ma vue se troubla un peu plus encore alors qu’il resserrait sa prise avec fureur. L’asphyxie me gagnait, je ne pouvais plus rien faire. J’essayais vainement de repousser ses énormes mains qui m’étranglaient. Je me sentis partir, et finis par sombrer dans le néant…




Lorsque j’émergeai, j’étais sous le corps inerte de Brashek. Je ne me souvenais pas bien ce que je faisais ici, mais les bruits de bottes et les cris affolés qui planaient dans l'air me ramenèrent bien vite à la réalité. Il me fallait déguerpir fissa. Les hommes du bandit approchaient à toute vitesse, vraisemblablement alertés par les bruits de lutte. Je pouvais déjà les apercevoir par-dessus l’épaule du cadavre. Ils fonçaient vers moi torse nus, deux d’entre eux courant même entièrement dénudés, l’épée à la main. Je repoussais précipitamment la dépouille qui m’empêchait de me lever en proférant quelques impiétés. Qu’il était lourd l‘enfant de putain !
Cela m’embêtait, mais il fallait bien me résoudre à laisser sa tête ici. J’étais certain que l’un de ces imbéciles à demi-vêtus irait empocher la prime à ma place; mais que voulez vous, il faut être vivant pour toucher une récompense… Je ramassai donc mon arme en toute hâte et me mis à fuir sans plus de cérémonie, laissant derrière moi tout semblant de dignité.
Je pouvais m'en sortir. J'avais un peu d'avance et j'étais bon sprinteur- dans de telles conditions, tout le monde l'est...- Malheureusement, je n’eus pas le temps de faire trois pas avant de m’apercevoir que deux brigands, un peu plus malins que leurs confrères avaient choisi d’escalader le surplomb terreux qui ceignait la zone pour mieux me prendre à revers. Je ne pris pas le temps de réfléchir et me mis à accélérer de plus belle en direction de mes deux opposants. Je surpris le premier et réussis à lui planter mon arme dans le ventre tout en l’envoyant valser d’un coup d’épaule. J’eus tout juste le temps de redresser ma dague devant moi avant que le second ne se précipite en agitant un gourdin au dessus de sa tète. J’esquivai de justesse le coup qui frappa le sol près de moi dans un bruit mat. Ma lame taillada le bras du lascar et je profitais de son élan pour lui décocher un puissant coup genou dans l‘entrejambe. L’homme s’effondra sur le coup.
Un choc m’envoya bouler en avant; quelque chose venait de rebondir sur mon flanc gauche - une hache, une pierre, je n‘en avais pas la moindre idée et aucune envie de prendre le temps de le découvrir. Je me relevai une fois de plus comme je le pus, soufflant et crachant de peur. Mais il était déjà trop tard. Ils m’avaient rattrapé, et m’encerclèrent prudemment.
La poursuite avait essoufflé tout le monde, moi le premier. Ils me jaugèrent un instant de leurs regards haineux. Deux d’entre eux avaient le pénis à l’air libre et une grande épée en mains. Les deux autres étaient certes plus pudique, mais brandissaient d’aussi beau couteaux. Sur le moment, je me souviens d'ailleurs m'être félicité en remarquant qu'ils ne portaient ni arcs ni lances. Une remarque d'un optimisme affligeant... A quatre contre un, les jeux étaient quasiment faits. Ces guignols allaient me percer un deuxième nombril d’ici quelques secondes et moi je ne savais pas quoi faire pour y remédier. J‘allais crever, là, dans les feuilles, saigné comme un cochon : C’était aussi simple que ça…
Tous les quatre se mirent à me tourner autour, armes levées. Je sentais mon sang battre dans mes tempes à un rythme jusqu’alors inégalé, le bruit me paraissait assourdissant.
« Les gars, je vais m’en aller tranquillement et vous pourrez récupérer les primes qui sont sur leurs têtes, lâchai-je sans grande conviction.
-  Va t’faire ! On te tue ! Et après ça on ira toucher l’argent, ‘spèce de … » il n’avait pas fini sa phrase que je lui plantais déjà mon arme en travers de la gorge. Les trois autres n’avaient rien vu venir mais furent tout de même assez prompt à réagir. Je sentis une des épées frôler mon bras gauche, puis une autre entailler mon épaule opposée. Je poussai un cri de douleur et me jetai sans cérémonie sur mon opposant le plus proche, arme à la main. La petite taille de ma dague m’avantagea au corps à corps et je réussis à lui larder le ventre de coups sans qu‘il ne puisse rien faire. Je redoutais à tout instant un coup dans le dos, mais dans le tumulte, les deux hommes restant semblaient hésiter à frapper, sans doute plus par crainte de blesser leur compagnon que ma personne. Je repoussai de toutes mes forces ma victime en direction de ses comparses et me plaçai tant bien que mal dos à un arbre, histoire de protéger mes arrières.
Je pouvais lire la fureur sur leurs visages hirsutes. Celui que je venais de blesser serrait les dents, pâle comme un mort. Il comprimait d’une main sa blessure pour empêcher son sang de se répandre, son autre bras continuant de brandir son arme. Maudit soit-il.
Ils formèrent rapidement un arc de cercle en face de moi sans me quitter du regard, guettant le moment propice pour m’attaquer. La tension était palpable; leur progression, lente et inexorable. À cette distance les moindres détails de leurs caboches poilues me sautaient aux yeux. Les lascars n'était pas bien impressionnant, tout suant et crasseux qu'ils allaient et pourtant, ces vagabonds armés semblaient tout droit sortit de mes pires cauchemars.
J’étais sur le point de me faire dessus, quand soudain, l’homme que j’avais blessé auparavant vacilla, et tomba à genoux dans un couinement pathétique. C’était plus que ce qu’il m’en fallait, et je profitai de la diversion pour me lancer à l’attaque. Je pris l’avantage sur l’homme le plus à droite. Je réussis à le poignarder au cœur d’un coup puissant en esquivant son coup d’épée maladroit. Tristement, ma chance prit fin aussitôt et ma lame resta coincée dans son sternum, pour se briser dans un claquement métallique alors que je tentai de la retirer en toute hâte… La suite fut encore plus brouillonne. Le dernier larron debout se jeta sur moi avec une force impressionnante. Il nous propulsa dans les airs et nous retombâmes lourdement au sol, le souffle coupé. Je me fêlais probablement une côte ou deux sur une racine dans l‘action. Nous luttâmes un instant au sol, mais aucun de nous deux ne réussit à toucher son opposant. Je mordais, je griffais, j’assénais des coups de pommeau de ma dague brisée, tout en m’appliquant à éviter moi-même un surin rouillé. Je réussis finalement à me créer une ouverture en lui enfonçant mes doigts dans les yeux. Il recula sa tète en criant et j’en profitai pour taillader sa gorge avec le peu de lame qui me restait. Son hurlement se transforma vite en gargouillis tandis qu’un flot d’hémoglobine me giclait au visage. Les yeux apeurés de mon adversaire se ternirent rapidement tandis que la vie s’échappait de son corps en même temps que son sang... Je le repoussai dans un ultime effort et m’effondrai sur le sol ensanglanté.


Le calme était revenu dans la forêt roussie par l’automne et seuls les sanglots de l’homme blessé au ventre un peu plus tôt venaient briser le silence. Allongé sur le dos, au milieux des aiguilles de pins, et de six cadavres et demi, je ne pus m’empêcher de retenir un rire remontant du plus profond de mes entrailles : j’étais vivant !
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