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 Extrait du Tome 1 page 145

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AuteurMessage
Amiedetous



Date d'inscription : 28/06/2012

Extrait du Tome 1 page 145 Empty
MessageSujet: Extrait du Tome 1 page 145   Extrait du Tome 1 page 145 EmptySam 16 Mar - 6:37

"Le 15… 200… - Nos vies sont devenues très ennuyeuses. La faute en est (mais pas seulement) à la mort des sensations. La génération d’après guerre en avait encore un peu. Le plaisir que les petites filles avaient à jongler, à sauter à la corde, à jouer à la marelle, à participer à des rondes plus ou moins compliquées, à s’amuser follement avec tout un tas de jeux de courses, de ballons, de comptines rythmées par le claquement des mains et des pieds… de même que le plaisir que les petits garçons avaient à jouer à des jeux de ballons, de capture (genre « gendarmes et voleurs ») etc., en témoignait.
Un ancien joueur de tennis vient de publier un livre dans lequel il fait le parallèle entre la méditation et un match de haut niveau. J’ai lu aussi, il y a bien longtemps, le témoignage d’un coureur automobile qui faisait exactement la même comparaison.
Les sensations sont mortes. Nous les remplaçons donc par les émotions. Nous ne nous sentons pleinement vivants que quand des émotions fortes nous secouent.
Combien d’entre nous regardent des films pour ressentir des frissons d’horreur et d’angoisse, pour pleurer et se réjouir avec les héros!
Ce sont aussi les émotions que nous cherchons dans la plupart de nos bavardages, dans la musique, dans nos lectures, à la fête foraine… et à un certain niveau, dans la prière.
Le problème est que nous devons sans cesse, à cause de l’effet d’accoutumance, augmenter les stimuli pour ressentir le même plaisir. D’où les images de plus en plus choquantes. Nous sommes des drogués de l’émotion.
R. a raison, l’humanité est malade. Or l’humanité, c’est moi, plus toi et toi et encore toi. Ce n’est pas abstrait du tout.

R. n’a pas besoin d’émotions pour se sentir pleinement vivant. Il ne les recherche pas, parce que ses cinq sens fonctionnent parfaitement. Il entend ; il voit ; il savoure chaque mouvement de son corps resté souple et agile malgré l'âge et qui se trouve toujours en parfaite adéquation avec ce qui l’entoure.

Aller tranquillement à pied d’un point à un autre nous ennuie parce que nous ne voyons rien, que nous n’entendons rien, et parce que les mouvements de notre corps ne nous apportent aucun plaisir. Nous acceptons éventuellement une promenade, à condition que nous soyons à plusieurs et que nous bavardions. Seuls, nous choisissons la vitesse, pour subir le moins possible l’ennui d’un trajet.
Cela me rappelle le Petit Prince* et sa conversation avec l’aiguilleur, et Alan Watts* avec son paragraphe sur la cuisine française.

Pour redonner aux enfants le plaisir du mouvement et leur permettre de recevoir les informations sensorielles absolument nécessaires à un bon développement neurologique, il a fallu inventer une nouvelle discipline paramédicale: la psychomotricité. Son correspondant approximatif allemand, lui, fait partie domaine éducatif : la « Motopädie ». C’est à pleurer !

Le 16… 200… - Je n’ai pu résister à la tentation de soumettre à R. cette découverte que je venais de faire sur les sensations et les émotions. Il m’a confirmé la justesse de mon observation et de mon analyse.
Le chemin qu’il essaye de me faire suivre et que je n’avais pas compris est bien celui du réveil des sensations.
Quand il exige que nous mangions en silence, c’est bien pour que notre attention soit dirigée vers le goût des plats. Son insistance pour que nous nous occupions de plantes et d’animaux, pour que nous soyons autant que possible en contact avec la nature, vise aussi à réveiller notre sensibilité.
Il nous rappelle gentiment à l’ordre quand nous sommes bruyants dans la manipulation d’objets. Lui ne fait aucun bruit. Il pose tasses, soucoupes et couverts sans un bruit. Il ferme les portes doucement. Il se déplace tout aussi silencieusement. Il tousse discrètement, malgré ses poumons encombrés.
Je dois laisser mûrir le sujet « sensibilité et sensorialité ». Je n’ai pas encore tout vu donc tout compris. Un jour, peut-être, je serai en mesure d'exposer tout ceci clairement."



Notes: Pour remise en mémoire, voilà le passage du Petit Prince cité en entier:
" Bonjour, dit le petit Prince.
- Bonjour, dit le marchand.
- C’était un marchand de pilules perfectionnées qui apaisent la soif. On en avale une par semaine, et on n’éprouve plus le besoin de boire.
- Pourquoi vends-tu ça ? demanda le petit Prince.
- C’est une grosse économie de temps, dit le marchand. Les experts ont fait des calculs. On épargne cinquante-trois minutes par semaine.
- Et que fait-on de ces cinquante-trois minutes ?
- On en fait ce que l’on veut…
"Moi, se dit le petit Prince, si j’avais cinquante-trois minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine… "

Alan Watts: (1915-1973) Philosophe américain d'origine anglaise. Il y a un tout petit article qui lui est consacré dans Wikipédia. Ses livres sont toniques, simples à lire, remplis d'humour, et tout à fait merveilleux, à part un qui m'a moins plu que les autres. Ses écrits sont un régal. Ceux qui lisent l'anglais couramment ne devraient pas passer à côté de ces trésors.
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alissa

alissa

Date d'inscription : 16/06/2011
Age : 28

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MessageSujet: Re: Extrait du Tome 1 page 145   Extrait du Tome 1 page 145 EmptySam 16 Mar - 18:05

J'aime bien le début du texte; c'est vrai qu'aujourd'hui les enfants ont perdu le goût des jeux simples. A 5 ans, ils réclament tous la playstation; ce seront plus tard des adolescents incapables de se responsabiliser, ennuyeux à mourir et fermés sur eux-mêmes.
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