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 Version longue de l'introduction du roman : j'ai tendu la main...

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AuteurMessage
florent Babillote



Date d'inscription : 30/05/2011

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MessageSujet: Version longue de l'introduction du roman : j'ai tendu la main...   Version longue de l'introduction du roman : j'ai tendu la main... EmptyMar 5 Juin - 18:36

















ROMAN :





J'AI TENDU LA MAIN...

























Si l'on m'avait dit un jour que je serais exorcisé par la mélancolie d’une femme intemporelle, dans cette gare si moderne, que je maudis, je ne l'aurais pas cru ! J'ai toujours eu horreur des gares, le bruit creux et assourdissant des trains, la poussière qui flotte dans les airs et qui vient se déposer dans nos poumons oxydés, les gens pressés qui vous bousculent et vous dévisagent. Tout cela m'horripile.

L’infrastructure futuriste, cette baie vitrée en forme de triangle, sans âme, qui touche le firmament. Cette horloge transparente comme pour souligner ce temps qui nous échappe.

Tous ces impôts pour ce dédale d’allées en tout genre. Je préfère ma Bretagne natale, Vannes et son petit charme. J’adore les ruelles faites de pavés ombragé du vieux Rennes, la place Saint Anne et l’exubérance de cette jeunesse, douce ivresse…

Rennes est une ville étudiante, les champs libres (la bibliothèque de Rennes) et sa vue imprenable sur le toit de cette métropole. Tout cela me transporte vers un ailleurs…

Si j’ai toujours rêvé de voyager, il me suffit de prendre ma plume ou encore de saisir mes pinceaux pour voguer dans de splendides contrées. C’est alors que les mots bousculent mon esprit, une mosaïque de couleurs enchante ma vie ! Artiste peintre et Ecrivain en herbe, je suis un peu fou paraît-il…

Je suis un humain impatient, le genre de type qui fait ses courses lorsqu’ il n'y a plus personne dans les magasins. Alors attendre un train en retard, je déteste. Cela me met dans une colère aigue, une certaine rage s'empare de moi lorsque je dois patienter.

Mes veines sur les pourtours de mon visage, tout en nerf, ressortent subitement pour transformer ma tête en celle d'un animal solitaire et vaniteux. Je n'aime pas le monde, il me le rend bien...

La Sncf, ses agents incompétents, ses décalages à répétitions, tout cela me donne des frissons. Pourtant sans le savoir ce retard allait illuminer ma vie, comme si j’avais dessiné grâce à mes pinceaux aiguisés un destin incroyable !

Même dans mes rêves les plus improbables je n’aurais pu imaginer tel parcours…

Avant d’être l’élu… J'étais seul perdu sans patrie, sans véritable famille. L'étranger à frange c'était moi : Florent Steven. Tel un prisonnier entre ses barreaux qui respire la lueur enivrante de la lumière. Cet astre reflet de liberté !

J'étais installé dans un bar : « La rencontre », dans cette satanée gare de Rennes, je pestais contre ce train qui allait avoir au minimum une heure de retard et contre la speakerine qui vous annonce une mauvaise nouvelle avec ce sourire en coin dans l'intonation.

Je vociférais contre ce café amer, sans arôme, trop froid. Il reflétait ma vie monotone !

Et pourquoi appeler ce bar : « La rencontre ! » Qui voudrait bien avoir un rencard, ou aborder une personne dans cet endroit sans âme aucune.

Je préfère la lumière qui ricoche sur les vitraux des églises, l’art architectural des cathédrales gothiques et non pas la froideur des murs en contreplaqué de cette étrange gare.

C’est un lieu impersonnel, sans histoire, où ne font que passer les gens sans se voir.

Nos âmes sont vêtues de larmes, l’on se pare de nos meilleurs atouts pour masquer notre tristesse. Et je ne suis pas dupe. Le monde me dégoûte. Je suis comme un miroir et j’appui là où ça fait mal. L’hypocrisie de notre société n’est pas mienne, pour cela je ne peux garder un métier. Je ne sais ni mentir ni faire semblant, voilà mon fardeau !

Tous ces gens qui se hâtent sans vraiment prendre goût à la vie…Un nombre incroyable d'histoires, de brins de vie se croisent sans jamais s'arrêter.

Ce lieu m'exaspère, l'odeur justement, parlons-en, il n'existe pas d'effluve dans ce lieu, rien que l'on pourrait humer à part de la poussière flottante. Elle se disperse, se dépose sur notre regard, nous empêche de voir la réalité.

J'aime lorsque je vais dans une vieille maison sentir l'odeur, l'atmosphère, qui y règne. La poésie des lieux parfois me saisit tel un enfant qui s'agrippe à la main de sa maman sans savoir que ce sera la dernière fois…

Ici tout est en contreplaqué. La gare est un endroit aseptisé, sans magie aucune. Pour chasser le courroux, je sortis donc un livre de ma sacoche : La Délicatesse. La lecture de cet ouvrage me fit quelque peu oublier l'exaspération qui m'habitait. Une histoire d'amour c'est bien ce qui me convenait, surtout en ce moment...

Je devais voir ma grand-mère souffrante à Lille, le médecin m'avait dit de me dépêcher car c'était probablement ses derniers jours dans notre univers de lucidité. Atteinte d’Alzheimer, elle commençait à ne plus reconnaître ses amis…

Alors une heure de plus, loin de ma grand-mère adorée, c'était vraiment insupportable.

Je n'avais qu'une crainte, arriver trop tard. Je me remémorais mes souvenirs d'enfance, nos escapades dans les forêts bretonnes, la légende du Roi Arthur, les chevaliers de la table ronde.

Grand-mère souvent me racontait diverses légendes et fables sur le pays de Breizh. Elle m’incitait à marcher le long de la vilaine entre les feuilles mélancolique de l’automne. Elle m'avait transmis cette passion pour les randonnées sur les longs pavés salés du mont Saint Michel. Elle lisait tant, du Grand Meaulnes à l’Etranger de Camus, je me souviens dans la profondeur de la nuit de ces lectures enivrantes !

Puis la lecture de l’ouvrage : « La délicatesse » me fit perdre le fil de mes idées.

Grand-mère fut évincée par un torrent de mots…

J’arrivais à la fin de l'opuscule, les lignes captaient mon attention, les mots flirtaient avec cette légèreté que j’avais perdu depuis ce terrible accident…

Une atmosphère intrigante me tenait en haleine lorsque tout à coup je fus catapulté à nouveau dans la matrice de notre très chère gare !

Une pression s’exerça alors sur mes épaules comme si l'apesanteur agissait de nouveau sur mon être. La gravité venait de s’immiscer à nouveau dans mon métabolisme comme si je venais de prendre un ascenseur vers l’extrémité d’un gratte-ciel et que je venais sans raison à retrouver le ré de chaussez

Mes yeux fatigués par le poids de cette tendre lecture furent subitement ranimés par un étrange rayonnement lunaire.

Une lumière fine et aveuglante apparut en face du bar au coin de la pharmacie tel un éclair, une dame, qui regardait sans cesse sa montre ornée de diamants épais comme une petite pelote de laine, me fit perdre la page de mon livre. Ce dernier tomba par terre. Je fus subitement envoûté, tétanisé, par cette vision stratosphérique de féminité…

Si la grâce ne m’avait jamais éclaboussé auparavant, cette inconnue au visage gravé dans le marbre venait de s’immiscer dans mon subconscient !

Adossée comme un modèle à la cloison séparant la pharmacie du bureau de tabac, elle passa sa main droite dans sa chevelure timide, ses mains fines, tout droit sorties de la manucure, avaient quelque chose de sensuel, ongles légèrement longs, rose transparent. Ses doigts laissaient apparaître l'armature fine de ses os. Des mains de pianiste en somme.

Une virtuose qui, tel un chef d’orchestre, agençait chacun de ses mouvements avec charisme et musicalité.

Ses cheveux safran aussi légers que la brise de la côte bretonne, couleur soleil, son teint ni trop mat ni trop blanc, sa peau âpre, si fine et ses jambes longues et athlétiques me transportèrent dans les recoins de mon drame...

Je n’étais jusqu’alors pas doué en amour.

Un coté énigmatique transparaissait de son visage aussi profond que l'océan indien. Je ne saurais l'expliquer mais cette femme m'intriguait. Un mystère errait dans les arcanes de son esprit. Un paradoxe se glissait entre ses petites rides fluettes au coin de ses lèvres.

Je devinais une profonde souffrance dans ce regard flottant par-dessus les gens. Ce brouillard épais je ne l'oublierais jamais !

Le plissement de ses yeux évoquait tant de choses, la souffrance de celle qui se bat et une forme de lassitude aussi. Il éveilla une certaine curiosité dans mon esprit. Ses yeux dégageaient une certaine force, tel le lion qui regarde sa proie. Sa gestuelle calme et fluide m’évoquait l’image d’un petit vent habile qui vous caresse les oreilles chaleureusement !

Vêtue d'une robe blanche à paillette en spirale épousant sa finesse et sa grandeur, l'on aurait presque dit une mariée. Vision ou projection de la femme parfaite je ne sais pas.

Cela me perturbait tellement que je fus pris de spasmes étranges. Ma main tremblait subitement et je renversais mon grand crème comme atteint de parkinson. Le bruit de ma tasse résonne encore aujourd’hui dans ma tête, il marqua une césure dans ma vie...

Telle une cloche qui annonce un autre chemin. La dame aux cheveux safran tourna la tête intriguée par ce bruit puis son regard croisa le mien l’espace de quelques instants volés. J’aurais voulu arrêter le temps, m’avancer vers elle, lui dire quelques mots des « Fleurs du mal » au creux de l’oreille.

Puis rien, juste ce silence froid et sans émotion. Le rideau venait de se fermer devant ce spectacle. Elle ne s’arrêta pas sur mon minois. Son regard se perdît à nouveau dans le flou.

Ses ongles vernis, sa coiffe lisse et bouclée sur les pointes témoignait d'une dame d'un certain milieu. Elle arborait une écharpe Hermes marron, je le sais car j'ai toujours adoré les marques, moi qui ne pouvais pas me les payer...

Je venais de tomber sous le charme. Je ne m'aperçus même pas que la serveuse rondelette attendait devant moi d'être réglé, l’air agacé. C'est horrible mais j’oubliais même de penser à grand- mère l'espace de quelques instants !

Puis mon portable sonna, l'infirmière de l'hôpital le ton désemparé m'expliqua que l'état de grand- mère s'était encore aggravé et qu'il serait vraiment opportun de venir au plus vite !

Je regardais l'heure de départ de mon train la mine défaite, plus que dix minutes, le temps venait de se soustraire de mon esprit, trop absorbé par ce brin de femme.

Mon esprit tel un train tournoyait à la vitesse de la lumière. Il oscillait devant ce choix cornélien, penser à grand- mère ou bien à cette mystérieuse dame...

J'essayais en vain d'ignorer la vue de cette inconnue, mais rien à faire, même l'état de ma grand- mère passait après la vision éblouissante de cette forme d'âpre tendresse.

Comment en étais-je arrivé là ?

La femme de mes pensées semblait angoissée et ne cessait de guetter sa montre. Le temps, ultime marqueur de notre époque, semblait effleurer son visage. Quelques années de plus que moi à vue de nez… Elle attendait quelqu'un semble-t-il. Peut-être son mari ?

Madame semblait énervée, en témoigne sa façon de battre du pied droit comme si elle comptait les secondes trop longues. C'est ainsi que mon regard fixa soudain ses talons fins de cinq centimètre environ. J'ai toujours adoré les femmes à talon, je trouve cela très attirant...

Son air sérieux avec ses lunettes noir Gucci, ses jolies rides formant un éclair au creux de son regard, tout cela me transporta. J'étais très loin dorénavant de grand- mère...

J'ai toujours voué un culte certain envers les femmes plus âgées, je ne me suis jamais senti à l'aise avec les filles de mon âge souvent futiles et désinvoltes.

Soudain, son regard se perdit dans une rivière de doutes, cela me fit forte impression, comme si la belle attendait une mauvaise nouvelle Elle s'avança, s'assit sur un banc en bois bancal en face du bar, derrière la pharmacie.

C'est alors que ses mains vinrent se déposer sur son visage harassé. Elle baissa la tête, pensive regardant semble- t- il ces faux pavés bleus rayés. Ses yeux touchaient dorénavant le sol...

Cette vision ultime d'une forme de tristesse me marqua. Je ne saurais l'expliquer mais cette femme mystérieuse attisa mon attention. Je l'espionnais du haut de ma table, caché derrière les phrases énigmatiques de mon livre que je venais de ramasser.

D'ailleurs une vieille dame, le regard hésitant, qui se trouvait à ma droite au comptoir, examinait ce qui pouvait bien m'interpeller de la sorte. Elle sirotait son vin blanc mollement en effectuant une moue asymétrique avec ses lèvres. Elle s'accrochait à son sac en cuir zébré comme si sa vie en dépendait. Elle balayait l'horizon pour apercevoir le fruit de ma curiosité. Puis elle découvrit mon tendre secret : la dame aux cheveux aussi légers que le vent !

Si la tristesse était un état, madame en serait l'exclamation même. Il transparaissait une forme indéniable de finesse dans cette amertume. Telle une splendide sculpture, l'air grave et impassible, une gravure d'émotion, voilà pour l’impression.

Madame resta l'air pensive sur le banc dix bonne minutes. Ses mains entouraient son visage soudain fermé à clé et venaient se déposer sur ses oreilles rebondies. Souhaitait-elle se couper du vacarme ambiant ? Je désirais cette clé absolument, il me fallait pénétrer son palpitant. Comment faire pour atteindre l’inaccessible ?

Timide et introverti, il m’était impossible d’aborder une dame dans la rue et surtout pas dans l’antre de cette satanée gare de Rennes !

Seul le destin pouvait nous réunir…

Immobile, seule dans un univers où tout le monde se presse, elle était l’intruse.

Soudain l’image de la princesse de Clèves s’engouffra dans mes pupilles dilatées Peut être qu’un jour la belle flamme avouerait à son mari son amour impossible envers moi…

En attendant ce jour il fallait faire quelque chose. Victime de son charme, je n’arrivais plus à penser. Mon cerveau venait de se figer dans la courbure de l’espace- temps.

Face à ce spectacle interpellant d'élégance, une phrase se glissa dans mon cerveau : « Pourquoi détester cette gare, finalement je l'aime cette place ! »

Soudain je vis son regard se porter au loin, venait-elle de reconnaître quelqu'un. Peut-être qu'elle regardait ce bel homme en costume Armani et lunettes noires fumées. Il marchait d'un pas vif et assuré comme ces banquiers amadoués par l’appât du gain.

Ou-bien s'agissait- il de ce jeune homme à gueule d'ange et au sourire ravageur, un blondinet bronzé, cheveux long ondulés, short et t-shirt marron à l'effigie de son département, laissant transparaitre une imposante musculature.

Rien de tout cela !

En lieu et place de ces hommes plaisants, je vis arriver dans le hall en face de la librairie perpendiculaire à la pharmacie, une personne bedonnante sans allure aucune, voûtée, les cheveux clairsemés. Il semblait porter sur lui le poids du monde.

Ses yeux cernés, ses paupières lourdes et épaisses, son air abattu comme si son visage allait tomber sous la pression de ses soucis…

L'on ne voyait que lui dans cette nuée de personnes. Ses lèvres fines et en coin reflétaient un air taciturne. Il tenait un sac de bureau en cuir noir d'un doigt comme si il ne désirait qu'une chose, le laisser tomber !

Cet homme, mort vivant, zombie parmi les êtres déambulant, semblait marcher vers un avenir qu'il voulait fuir.

De quoi avait-il si peur ?

Dans sa main droite sèche et tremblante, un journal au titre évocateur : « La déchéance ». Incroyable, à sa vue la dame se leva d’un pas lent et fainéant comme ces enfants que l’on traine aux musées.

Non cela ne pourrait être son homme !

Puis elle vînt à sa rencontre. Mon esprit manqua de s’évanouir.

Le regard du dépressif s'illumina telle une étoile en fusion soudainement. L'homme la serra tendrement, elle fit mine de se blottir aussi...

Ainsi cet homme était donc mon rival bien que la dame ne connaisse rien de mon terrible inclination.

La pression exercée par ses mains sur la taille ample de l'homme était insignifiante, comme un autiste qui prend un objet sans le vouloir vraiment.

Le temps défilait devant ce spectacle bizarre. Rêve ou vision ultime d'une forme de beauté, je ne savais pas.

Puis la speakerine annonça les futurs départs et le son de sa voix grave et forte me perça le tympan, si bien que cela me rappelait la raison de ma venue à la gare : grand-mère.

Je levais les yeux vers le panneau noir affichant les départs, il ne restait plus que cinq minutes...

J’essayais d’oublier cette femme et de penser à grand-mère. C'est à ce moment précis que le portable de la dame aux cheveux safran tomba par terre. Celle-ci ne remarqua rien trop occupée à feindre l'amour.

Son visage masquait très mal un certain tourment. D'ailleurs lorsque l'homme bedonnant arriva, la dame prit sur le coup au moins cinq ans, comme si cet homme était la source du plissement de sa peau. Ses rides et ces cernes semblaient éclore rien qu’à la vue de cet homme a la mine machiavélique.

Je ne le sentais pas…

Jalousie ou-bien pressentiment je ne savais pas.

Le tandem parti vers le quai 61, je tentais de les rattraper pour leur signaler que le portable était resté par terre, en vain. Un groupe de personne vînt les masquer. Ils venaient de s’engouffrer dans la brume de la population…

Ainsi je quittais ma table sans payer, trop obnubilé par ce couple. La serveuse lassée d’attendre était repartie. J'arrivais devant le téléphone en face du banc, je le fixais par terre.

Iphone dernier cri noir, une tache rose venait orner le coin droit, sans doute s'agissait-il du vernis de Madame.

Ce téléphone m'interpellait, je restais accroupi à l'observer quelques instants, puis je me décidais enfin à le prendre. Sans le savoir ce portable allait bousculer ma vie, étrange j'ai pourtant toujours eu horreur des téléphones.

Loup solitaire je n'aime pas l'idée de pouvoir être dérangé à toute heure. Si j'avais su ce qu'il allait advenir je n'aurais pas hésité une seconde, j'aurais arraché le téléphone du sol rapidement de peur qu'une autre personne ne le saisisse.

Destin ou coïncidence, cet objet fin et qui ne pèse que quelques grammes allait révolutionner mon existence. C'est pourquoi j'ai tendu la main.

Mon train allait bientôt partir, il fallait que je me hâte. L'Iphone de la mystérieuse dame entre mes mains, je montais dans mon wagon en pensant à grand-mère.

Soudain le spleen pénétrait mon âme, souvenir, souvenir, je me remémorais mon premier livre : « Poussière D'Etoile » d'Hubert Reeves, offert par grand-mère. Son air rassurant, sa quiétude, et ses conseils avisés sur les rapports humains me revenaient tel un boomerang.

Je la voyais assisse là, devant moi, un bon verre de rosé dans sa main droite et un livre de camus dans la gauche assise dans son fauteuil en cuir marron qu’elle aimait tant.

Je n’avais jamais eu le droit de m’installer sur son canapé. L’on voyait le soir le creux arrondis, déposé par son corps sur le cuir craquelant.

Elle me prenait souvent la main délicatement pour me rassurer, jeune homme tourmenté, lors de ma première tentative de suicide, Grand-mère était venue me voir à l'hôpital psychiatrique. Grâce à ses mots, sa présence, je m'étais peu à peu rétabli. C'est elle qui m'avait élevé depuis la mort tragique de mes parents dans un accident de voiture…

Puis grand- mère sous le poids de la vie avait été placée en maison de retraite. Au début je venais la voir toutes les semaines puis mes visites s’espacèrent.

Ces derniers temps je m'étais éloigné de grand- mère, emporté par le tourbillon de la vie. Je m'en voulais tant !

Le train traversait la campagne, le panorama d'une forêt sur un tapis de colline m'apaisait quelque peu. Puis sous le poids du stress, je m'endormis. A mon réveil, le train n'était pas encore arrivé mais l'Iphone était tombé par terre. Il venait de sonner semble-t-il, en témoigne son écran encore allumé.

Ainsi j'ai une nouvelle fois tendu la main...
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florent Babillote



Date d'inscription : 30/05/2011

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MessageSujet: Re: Version longue de l'introduction du roman : j'ai tendu la main...   Version longue de l'introduction du roman : j'ai tendu la main... EmptyMer 6 Juin - 13:05

Bonjour,



Vous préférez la version longue ou courte ?
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