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 comme un vol d'éphémères, roman ; exrait 3 ) pages 119 à 127

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Jafou

Jafou

Date d'inscription : 01/06/2011
Age : 89
Localisation : Aquitaine

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MessageSujet: comme un vol d'éphémères, roman ; exrait 3 ) pages 119 à 127   comme un vol d'éphémères, roman ; exrait 3 ) pages 119 à 127 EmptyDim 21 Aoû - 18:11

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L’Été achevé, automne draine déjà vers eux les premiers courroux de l’hiver. La maisons aux ailes ouvertes va devoir affronter les violences qui approchent. Chaque mois ils vont passer une semaine à Paris mais le plus souvent laissent la Buick dans un garage de Quimper et prennent le train. "C’est plus mieux" a dit Martine !
Octobre, Novembre ; le ciel s’est abaissé, gris menaçant plutôt que bleu. Le soleil a des coquetteries, des absences qui durent ; la mer est plus raide, sournoise. Les bains c’est fini et pour arpenter la côte, il faut endosser des lainages épais, emporter les cirés, porter des bottes, se coiffer d’un suroît. Mais leur installation est parachevée, le home douillet et confortable et leur bonheur si grand que les murs en rayonnent une aura de lumière.
Malgré la fureur étouffée de Martine qui décidément déteste rester seule pendant que son homme joue les va-t-en guerre, Jacques est encore retourné à Angers. Il a définitivement rapatrié son fourgon et tout son outillage. Ainsi Mousterlin sera sa base de départ pour aller soigner les jardins de sa clientèle. Il envisage d’ailleurs de revendre ses terrains angevins et d’acquérir des parcelles autour de Fouesnant pour y réinstaller ses pépinières. Le Maire est mille fois d’accord ! Après tout la région fouesnantaise a la réputation d’être un pays de cocagne pour les activités agricoles. Trop content de le voir se fixer, de les voir s’enraciner, Michel Domineuc s’est engagé à lui trouver tout ce dont il a besoin et a réaffirmé que l’Yves le Gonidec qui déjà leur a donné la main pour réaliser l’implantation du jardin dessiné par Jacques, pourra travailler pour lui en journalier chaque fois que ce sera nécessaire ; au Printemps surtout. Tout baigne !.
Du temps passe...
Les pépinières sont réorganisées, l’Anjou vendu, (bien vendu !) un petit hangar que cachent des buissons abrite outils et fourgon et Jacques a même décidé de confier beaucoup plus de travail à Yves qui, répète toujours le Maire :"travaille aussi dur qu’il boit sec" et possède des parcelles mitoyennes de celles achetées par Jacques. C’est convenu comme cela : en dehors des moments de grande presse et de travaux saisonniers mobilisant tous les bras disponibles ( Martine a même déclaré :
- On ira faire les foins et les battages chez Yves pour l’aider ; c’est super chouette !) Yves travaillera aux pépinières. Les fleurs, ça lui plaît bien à Yves ! Travailler pour un “Monsieur” qui ne le traite pas de haut, qui le complimente sur son savoir-faire et son sens de l’horticulture, qui parait-il "écrit des livres" ça le rend tout bonasse et bienveillant, Yves ! il en aimerais presque son voisin-cousin ! Rendez-vous compte, en plus : Monsieur Jacques, il a pas peur de rester des heures, plié en deux, à sarcler soigneusement, étêter, ébourgeonner et faire mille choses étonnantes pendant que Madame Martine manie la fourche et la brouette comme un lad d’écurie ! Des gens comme il faut ces deux là !
Décembre ; Noël. Ils ont dressé dans le séjour, en coin des baies vitrées, un énorme sapin acheté à Quimper. Martine l’a surchargé de boules en verre filé (- Eh merde j’en ai encore cassé une !), de guirlandes dorées, d’ampoules minuscules. Elle a voulu, bien sûr, ajouter des bougies, des vrais, mais Jacques s’est opposé pour danger de feu. Elle a grogné mais accepté de reconnaître que la résine, ça brûle facilement. Elle a tout de même dit (- Eh alors !). : - C’est terrible, les hommes avec leur peur du feu, ils foutent en l’air toute la poésie de Noël. A la Maison, déjà, c’était papa qui interdisait les bougies du sapin ; maintenant c’est mon mari. Quand j’aurais un fils, est-ce qu’il confisquera lui aussi mes boites d’allumettes ? L’œil en éveil, Jacques : - Tu veux un fils ? Elle a réagit drôlement vite :
- Ça va, ça va, on a le temps ! Et cesse de me regarder comme un loup affamé ou je m’enferme dans le lit clos ! On peut pas avoir une pensée prospective sans risquer de se faire sauter aussitôt ; pour le bon motif, hey. Saint bromure, priez pour nous.
Mais ses yeux disaient que tout compte fait... Attention, hein, prudent !
C’est la dernière semaine de l’Avant ; tard dans la nuit le sapin brille de toutes ses lumières, toutes lampes éteintes. A l’opposé du lit clos s’ouvre une vaste cheminée en granit de Kersanton (on ne vous l’avais pas dit ?) . Chaque soir, maintenant que l’hiver est à la porte, s’y allume un feu odorant. Goguenarde elle a dit : - Pas incendie ? Il a rétorqué : - Fait pour ! alors elle s’écrase, bien contente. Elle s’écrase même tellement qu’elle s’enfonce, allongée nue dans l’épais tapis. : - Pour bronzer chaud, déclare-t-elle. Le bronzage, Jacques il n’y croit pas trop ; mais la provoque... C’est un bien joli spectacle, ces flammes qui sculptent ce corps d’ombres et de lumières... Invite ?
C’est fête. Parents de Martine, et Grand-Parents de Jacques sont venus à Mousterlin et on les a installé dans les chambres neuves, qu’ils étrennent. Monsieur de Mauroy, Monsieur et Madame de l’Épine sont ravis, enchantés par le lieu, hypnotisés par l’omniprésence de la mer qui, au flot, envoie ses embruns sur les vitres et laisse voir, au jusant,la couronne de récifs bas et luisants. Ils apprécient ce confort moelleux et tiède, cette simplicité élégante que viennent partager sans dommages les forces de la nature.
Bien emmitouflés, Jacques les a emmenés vagabonder au long de la lisse de haute mer, passée la rondeur du Menez vers les paluds de la Mer Blanche. Il fait froid ; le ciel au plafond bas a des couleurs de fer gris en fusion où naviguent des nuages monstrueux torturés par toutes les fureurs atlantiques ; la lumière a des transparences blanches et livides de films d’épouvante. C’est extraordinairement beau ; inquiétant mais beau !
Madame de Mauroy a été conquise elle aussi ; qui ne le serait ? Mais elle reste l’élément réaliste du couple. Elle s’inquiète, interroge : - C’est très beau, oui, mais vous êtes vraiment très loin de tout ; si malades ?
- Téléphone. Dit Martine ( en 1954, tout le monde ne l’a pas !) - Voiture. Dit Jacques en écho. - Mais pour les provisions, les courses .
- Commandées, livrées. Triomphe Martine. - Le coiffeur, le dentiste, le médecin ? - Fouesnant. S'esclaffe Jacques. : - Et puis coiffeur pourquoi faire Martine rit : - Je lui coupe les cheveux moi-même ; au bol ; comme un gentil moine sans tonsure ni vœux de chasteté ! Madame de Mauroy n’aurait-elle pas rougit un peu ? : - Les distractions? - La mer. Clame Martine ; - le bateau, la pêche, le jardin (les jardins !), les fleurs, la côte, les chapelles gothiques perdues dans la nature, les Gens ! - Un bébé ? Demande négligemment Maman. - Oui, bien sûr ; plus tard. Tellement heureux à deux. Attendre un peu !
Au mois de janvier, Monsieur et Madame de Moirac ont fait visite. Il est courtois et raffiné, elle est blonde (?) et distinguée ; ils promènent dans leur élégance surannée un parfum de siècle mort !
Il a de l’humour, le bougre, et sait l’exercer un peu sur tout et au besoin à ses propres dépends ; sympathique ! Cependant sa qualité principale semble être la gentillesse, la bonté gratuite. Nulle morgue chez ce hobereau de vieille souche, mais le sens de l’entraide, le souci des autres, le partage des joies et celui des peines.
Ils vivotent avec dignité des revenus d’une métairie sauvée des naufrages successoraux, dont ils dirige l’exploitation lui- même, mettant la main à la pâte (et au derrière des vaches !) autant que son couple de valets. Il demeure cependant un assez curieux paysan roulant l’alexandrin et lisant Platon dans le texte ! Ils auraient, outre une très belle collection de tableaux et miniatures (que Martine est chaleureusement conviée à venir admirer), dans la bibliothèque du Manoir de Cheffontaine, maints trésors et parchemins dont quelques précieux incunables. Là c’est l’œil de Jacques qui assure la relève !
On a prit le thé, en s’apprivoisant les uns les autres ; Martine et Moirac ont tous deux l’instinct pointu qui déshabille et désosse les êtres jusqu’à leur atteindre l’âme. Et de part et d’autre l’examen a été on ne peut plus positif ; on sera amis, c’est évident !
A la suite de cette visite et après avoir prospecté les ressources locales, Martine a décidé d’inaugurer le cycle de ses "mondanités" ! Chaque semaine on jouera au bridge en buvant et mangeant des petites choses agréables !
Elle a sollicité les Moirac, ravis, le Recteur Gwendu, le Lieutenant Gallouedec, le Maire Domineuc et la famille de Gwendaël Argouet, barde chevelu récemment installé près de la chapelle de Perguet qui , femme et fille à ses côtés, se multiplie pour relancer la culture celte en perdition ; sa poésie et sa littérature, sa musique et ses instruments, sa langue...
Au début les gens ont un peu ricané (toujours quand ils ont à faire face à un chevelu-barbu inspiré !), puis il leur a bien fallu comprendre que c’était leur propre patrimoine qui était ainsi défendu. La langue que depuis des siècles utilisaient leurs parents et ancêtres, avec ses saveurs et ses rugosités, les ouvrages littéraires et poétiques, certains plus anciens que la France, que la Gaule, les danses et les musiques, parfois très savantes devenues folklore pour touristes pressés ; tout ce qui construisait leur identité profonde........
Étonnés, ils ont vu se remplir les salles où s’organisaient des concerts ; les éditeurs de disques attentifs à la résurrection de la harpe celtique, petit instrument magique entraînant la renaissance de toute une culture musicale oubliée, adaptée à la Bretagne moderne.
Grâce aux efforts de Gwendaël Argouet (trop beau pour être son vrai nom !), les responsables du développement touristique de Bretagne ont compris qu’ils détenaient là un plus exceptionnel pour promouvoir leur région. Désormais, ils soutiennent l’entreprise ; farouchement !
Gwendaël, licencié de breton celtique, son épouse, premier prix de harpe du Conservatoire National de Musique de Paris, étaient au début du genre "jeune artiste affamé et impécunieux" mais à présent, l’aisance vient soutenir leur passion leur permettant d’en vivre.
Martine, l'artiste , est aux anges de se trouver des copains nouveaux de cet acabit. Vous pensez si c’est extra ! Bien entendu toutes ses invitations concernent les ménages ; Impossible a rit le Recteur ; il est bien, ce type !
Les voilà douze réunis face au changeant tableau que donne la mer en représentation permanente.
- : “On va faire des tournois "duplicate", a-t-elle suggéré, au quart de centimes le point pour une cagnotte à manger dans un restaurant plein d’étoiles !” Jacques a observé qu’à ce tarif, ils mettraient dix ans à se nourrir correctement. Finalement on joue un franc ; c’est cossu !
Le plis ( ! ) est pris; chaque semaine le petit groupe se réunira chez l’un où l’autre pour communier (dit le Recteur) à l’amitié autour du double jeu de cartes ! On s’apprend mieux, on s’apprécie plus, on se découvre des affinités, des goûts communs ou complémentaires ; on échange des connaissances, on conte des anecdotes (on propage de gentils cancans), des histoires du cru.
On est bien, on est province, on est bretons ![justify]
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