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 Les Bannis

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plume d'aurore

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Date d'inscription : 10/07/2011
Age : 25

MessageSujet: Les Bannis   Lun 25 Juil - 10:14

Les Bannis

Je m'appelle Althéa, j'ai douze ans. Dans mon pays, la Kallyrie, cet âge est celui de l'initiation. Ce jour, le plus important de notre vie, fait de nous des adultes, des citoyens à part entière.
Avant son bannissement, Hafgor m'en avait exposé le déroulement: les futurs initiés se trouvent pris dans une succession ininterrompue de discours, chants, spectacles, jusqu'au moment crucial, celui de la pose (le rituel parle de la "greffe") de leur deuxième cerveau. Enfin considérés comme "complets", ils prennent part au grand festin du soir.
Je suis triste. Hafgor et moi, nous étions amoureux. Nous vivions tous les deux au Palais. Mais, depuis un an, nous sommes séparés. Il me manque chaque jour à en pleurer.
Pour mes camarades et moi-même, l'initiation aura lieu dans une semaine.
Ce matin, monsieur Zacpro, notre professeur de normalisation civique, nous a longuement expliqué la signification de cette cérémonie:
- Lors de votre initiation, vous recevrez votre deuxième cerveau. Mais savez-vous pourquoi cela est si important?
Le deuxième cerveau, c'est ce qui a permis à votre pays, la Kallyrie, de jouer ce rôle d'arbitre international, de dominer politiquement et militairement toute la région, d'en garantir la paix et la prospérité.
Jusqu'à présent, vous n'avez utilisé que votre cerveau interne, votre cerveau de naissance, et vous en connaissez les limites. Bien sûr, il vous a permis d'acquérir les connaissances de base indispensables dans notre société. Mais quels efforts vous a-t-il fallu pour parvenir à ce stade! Eh bien, ces efforts, vous en êtes quittes désormais. Votre deuxième cerveau, synchronisé avec votre cerveau interne, vous ouvrira à volonté un accès instantané et illimité à toutes les connaissances humaines. Il vous suffira de vous poser une question; aussitôt, sous la forme d'un flash, vous en obtiendrez la réponse! Vous comprenez pourquoi nos dirigeants, nos économistes, nos militaires sont les meilleurs du monde?
Je n'écoutais plus. Je revoyais le fin visage d'Hafgor, ses boucles brunes, la douceur de ses yeux noisette. Agé d'un an de plus que moi, c'est l'année dernière qu'il devait passer son initiation et qu'il s'est révolté, refusant catégoriquement le deuxième cerveau. Les Anciens l'ont chassé de notre Cité et exilé dans la Réserve des Bannis.
- Althéa, on rêve?
- Non, monsieur, protestai-je. Mais vous avez dit que, avec le deuxième cerveau, on peut tout de suite avoir la réponse à n'importe quelle question. Est-ce que notre mémoire ne risque pas de baisser si on ne la fait plus travailler?
Monsieur Zacpro grimaça un sourire:
- Bonne question, Althéa! D'ailleurs, c'est une question que posent souvent les gens mal informés... Mais, non, ne t'inquiète pas! C'est justement pour cette raison que nous ne vous donnons votre deuxième cerveau qu'à douze ans. Nous voulons être sûrs que vous disposez des connaissances de base et que vous avez suffisamment exercé votre mémoire auparavant. Ce que tu as appris jusqu'à présent, tu ne l'oublieras jamais. Te voilà rassurée?
- Oui, merci, monsieur.
En réalité, le professeur n'avait pas compris (ou fait semblant de ne pas comprendre?) ma question. Mais je ne voulais pas exposer davantage mes craintes. Je pensais aux bruits sinistres qui courent sur la Réserve des Bannis où Hafgor se trouve maintenant exilé.

Mon angoissse a grandi au fil des jours. Maintenant c'est demain (déjà...) que je subirai l'initiation. Les membres de ma classe d'âge pensent seulement à leurs nouveaux droits et aux cadeaux qu'ils recevront. Pour moi, je me répète en boucle des réflexions qui se confondent avec les inquiétudes dont Hafgor me faisait part l'année dernière.
A quoi me servirait un "faux" cerveau qui me donnerait instantanément la profondeur de tel gouffre marin ou le nombre d'os de tel animal préhistorique? Pourquoi le gouvernement et les Anciens considèrent-ils le fait d'apprendre et le travail de la mémoire comme un fardeau, dont il faudrait, dès que possible, nous débarrasser? J'ai peur de deviner, derrière une telle absurdité, un but inavouable. Car enfin, malgré l'accès à une banque de données quasi illimitée, ce projet représente la négation même de la culture. Oublient-ils, nos dirigeants, que la mémoire est un outil de l'intelligence, que sans mémoire il ne peut y avoir de culture? Oublient-ils que les connaissances intériorisées sont un plaisir, comme ces poèmes qui nous chantent dans la tête, comme ces associations d'idées qui nous éblouissent ou nous font éclater de rire aux moments les plus saugrenus?
Les partisans du deuxième cerveau peuvent bien objecter que rien ne nous empêcherait, si nous y tenions, d'utiliser notre mémoire, d'apprendre un texte par coeur, par exemple. Mais qui me dit qu'il serait possible de neutraliser le "faux" cerveau? Et puis, je me rappelle ce qui s'est passé dans l'Ancien Temps quand tout le monde a disposé de machines à calculer automatiques. Par paresse, les gens s'en sont remis aux machines. Peu à peu, la plupart sont devenus incapables de calculer de tête.
Mes pensées se précipitent sous l'effet de la peur.
Quels sont ces dirigeants qui nient le plaisir de la culture, qui veulent en priver leurs concitoyens et même altérer leurs facultés intellectuelles, qui relèguent dans une réserve les mal-pensants? C'est clair qu'ils veulent régner sur un peuple assujetti, qui n'ose se rebeller.
Je me rappelle une précision de Zacpro. Le professeur a dit que le deuxième cerveau serait "synchronisé" à notre cerveau interne. Imaginons qu'il arrive à prendre le dessus sur notre "vrai cerveau", qui finirait par s'atrophier. Pratiquement il ne resterait que le deuxième cerveau; et, par son intermédiaire, n'importe qui pourrait nous contrôler.
C'est terrifiant. Mais pourquoi n'y a-t-il pas davantage de gens qui réagissent? Je pense à Hafgor.
Et je suis furieuse contre moi. Pourquoi n'ai-je pas compris plus tôt? Comme s'il m'avait fallu me retrouver au pied du mur pour réagir. Maintenant il ne me reste que cette nuit, quelques heures, avant l'initiation. Je refuse de devenir un robot humain.
Le silence gagne peu à peu l'ensemble du Palais. Je me mets au lit avec une tablette de lecture, comme si je voulais finir un roman avant de m'endormir.
A minuit, quand je serai sûre que tout le monde dort, je me lèverai sur la pointe des pieds et je fuirai par la fenêtre aux volets tout juste poussés. Je rejoindrai la Réserve, Hafgor...
Mais que m'arrive-t-il? Je me sens brisée, écrasée de fatigue. Je n'arrive plus à rester assise, mes yeux se ferment, impossible de les garder ouverts... Si j'arrivais à me traîner jusqu'au lavabo, je pourrais me tremper la figure dans l'eau pour me réveiller... Impossible..
La porte de la chambre s'ouvre doucement. Monsieur Zacpro entre. Il porte encore ses habits de la journée, et il tient une mallette médicale.
- Je lisais un peu avant d'éteindre la lumière, dis-je.
- Justement, tu vas vivre un grand jour demain, je comprends que tu te sentes excitée et je venais t'apporter un calmant très léger, qui t'aiderait à dormir.
De la mallette, il tire une seringue enveloppée dans son sachet et une ampoule à injection qu'il pose sur la couverture. Puis il attrape un flacon d'éther dont il mouille un mouchoir. L'odeur me donne mal au coeur.
- Peur de l'initiation! ...Pauvre idiote!...dit-il, en me plaquant le mouchoir sur le nez. Il m'immobilise de tout son poids.
Je tombe dans un trou blanc.

J'ouvre les yeux et reprends conscience peu à peu. Je ne suis pas morte?
- Althéa, ma chérie! C'est la voix d'Hafgor.
Je tourne un peu la tête et je l'aperçois auprès de moi.
Je trouve la force de murmurer:
- Zacpro...
- N'y pense plus! me répond Hafgor. C'est fini. Je t'expliquerai quand tu iras mieux. Pour le moment, essaie de te reposer.
Je veux protester. Je tente de me soulever. J'ai juste le temps d'apercevoir un grand nombre de gens assis sur l'herbe autour de nous. En silence, ils regardent un rideau de feu au loin.
Je replonge.
Quelques heures plus tard, je suis enfin complètement réveillée, je sens que j'ai repris le dessus. Je rappelle à Hafgor sa promesse, et il me raconte ce qu'il sait du déroulement des faits.
- Je me doutais, j'espérais que tu comprendrais le danger, me dit-il. Je savais aussi que les initiations ont toujours lieu le vingt-quatre juin. Je tournais autour du Palais pour t'aider au cas où tu déciderais in extremis de fuir. Je me dissimulais donc dans le jardin quand je vis Zacpro s'encadrer dans ta fenêtre. ça m'a décidé. Grâce à un pilastre, j'ai pu arriver au niveau de cette fenêtre, et j'ai surgi dans ta chambre au moment où ce tordu te faisait respirer de l'éther. Je lui suis tombé dessus et je lui ai projeté le reste du flacon d'éther dans la figure. Sans m'occuper de Zacpro, plié en deux sur la moquette, je t'ai emportée par le même chemin.
- Tu m'as sauvée!... Mais l'incendie?
- Je ne peux pas te répondre, ma chérie. Je sais seulement que rien ne brûlait quand nous avons franchi la fenêtre, toi dans mes bras. Rien ne brûlait non plus quand nous sommes arrivés au portail extérieur du Palais.
J'ai bien une idée, mais ce n'est qu'une hypothèse. Tu sais qu'on a retrouvé des restes du cadavre complètement calciné de Zacpro dans ta chambre. Je revois cette pièce telle qu'elle était quand nous l'avons quittée, Zacpro au pied de ton lit, les cheveux et les vêtements imbibés d'éther. Quelqu'un l'a-t-il volontairement exposé à une flamme? Ou bien le feu aurait-il pris dans une autre chambre avant de gagner la tienne? Il suffisait d'un rideau que le vent aurait poussé vers une bougie d'ambiance, ou d'une cigarette fumée au lit par un imprudent. En tout cas, Zacpro a dû s'enflammer comme une allumette.
- Je ne veux pas savoir quel produit il voulait m'injecter, dis-je. Mais c'est terrible de penser à tous les gens morts ce soir-là.
- Tu ne vas quand même pas culpabiliser! proteste Hafgor. L'éther, c'est Zacpro qui l'avait apporté. Et personne ne saura jamais ce qui a déclenché l'incendie. Les gens de la Réserve sont accourus au plus vite pour essayer de sauver des vies. Hélas, le toit en flammes s'est effondré à leur arrivée.

Un an a passé depuis la catastrophe. Personne ne souhaite rebâtir le Palais. Ses pierres calcinées témoignent du malheur promis aux peuples qui méprisent la culture et qui oublient de respecter l'homme en eux-mêmes et dans l'autre.
















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Gallingham

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Localisation : Plat pays de la bière et de la frite

MessageSujet: Re: Les Bannis   Lun 25 Juil - 18:24

Une petite nouvelle qui donne à réfléchir.
J'ai quand quelques petites remarques à faire.

- Entre le 2e et le 3e paragraphe, la transition est un peu rude. L'héroïne nous explique ce qu'est le rituel d'après ce que lui a raconté Hafgor et ensuite, directement elle est triste. Je trouve que l'enchaînement ne fonctionne pas très bien.

- Quand le professeur parle, tu passes à la ligne, mais tu n'indiques pas qu'on est encore dans le dialogue. C'est de la mise en page, mais il existe des méthodes typoraphiques qui permettent de faire des paragraphes dans un discours.

- Toujours dans le discours du professeur. Je me demande s'il est vraiment utile de le faire de cette façon. Ce que je veux dire c'est que je ne suis pas convaincu qu'on n'ait jamais dit ça aux enfants avant. Je pense au contraire que ça doit faire partie de leur culture. A mon avis, tu devrais faire passer le message autrement que dans un dialogue daté du matin.

- "Mon angoissse a grandi au fil des jours." => Je sais que la langue française est compliquée et qu'il y a plein de règles partout dans tous les sens... Mais bon, je crois que 2 "s" ça suffira dans "angoisse"

- "Maintenant c'est demain (déjà...) que je subirai l'initiation." => Je ne suis pas fan de cette phrase. Je pense que tu devrais la revoir.

- "Pour moi, je me répète en boucle des réflexions..." => Pour ma part / Quant à moi

- "Quels sont ces dirigeants qui..." => Je pense que la question n'est pas vraiment de savoir qui ils sont, mais ce qu'ils sont. Donc, je proposerais: "Que sont ces dirigeants qui..."
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plume d'aurore

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MessageSujet: Re: Les Bannis   Mar 26 Juil - 12:30

Bonjour, Gallingham, et merci de tout coeur pour l'attention que tu as portée à mon histoire (des imprévus m'ont empêchée de te répondre plus tôt).
Merci surtout pour tes conseils, que je trouve très justes, tant au niveau du contenu (le discours du professeur), que de l'enchaînement des parties, de la mise en page et des maladresses d'expression.
Je vais reprendre complètement ce texte en tenant compte de tes recommandations, et je remettrai la version "corrigée" à la suite.
Je vois que je suis arrivée sur un site qui me permettra de progresser !
Merci encore, Gallingham, sans angoisse! (lol!) sunny
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Gallingham

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MessageSujet: Re: Les Bannis   Mar 26 Juil - 14:19

Pas de problème.
C'est tout ce qu'on te souhaite de progresser.

Pour les dialogues et en l'occurrence le discour du professeur dans ton cas, c'est en fait l'erreur qu'on fait souvent.
Je prends toujours le même exemple, mais je trouve qu'il va bien.
Dans les Experts (la série TV, t'as au moins dû en entendre parler), lorsqu'ils font passer des explications c'est toujours par le dialogue. En gros, leur chef est un gros bêtas et on doit lui expliquer à chaque épisode que pour pouvoir faire une recherche ADN bin il faut un follicule. Bon, on a bien compris que ce n'est pas au chef qu'ils expliquent ça à chaque fois, mais au bonhomme qui est derrière sa télé.
Nous, on écrit et on a beaucoup plus de liberté. Donc, ça, le "syndrôme des Experts", il faut l'éviter.

Mais bon, ceci dit, ton texte n'est pas mauvais non plus et il fait quand même réfléchir, ce qui n'est pas une mauvaise chose
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plume d'aurore

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MessageSujet: Re: Les Bannis   Mar 26 Juil - 15:19

Merci, Gallingham, de ton mot. Même si, faute de télé, je n'ai jamais vu la série, comme tout le monde j'en ai entendu parler! Et j'aime bien ta présentation du "syndrome des Experts"! J'y penserai.
Encore merci pour tes conseils
Amcicalement Smile
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extialis
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Localisation : nord de la france

MessageSujet: Re: Les Bannis   Mar 26 Juil - 15:43

je ne rajouterai rien aux avis de gallingam, ils sont bon bien sûr. une petite nouvelle originale je trouve (j'avais commencé hier, je fini maintenant Laughing mais mieux vaut tard que jamais). retravaillée, un peu plus développée, elle sera parfaite.
bon courage

_________________
https://www.facebook.com/eliecharier
http://fantasy666.jimdo.com/

le tome un sur numériklivres :gahila
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plume d'aurore

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Age : 25

MessageSujet: Re: Les Bannis   Mar 26 Juil - 16:42

extialis a écrit:
je ne rajouterai rien aux avis de gallingam, ils sont bon bien sûr. une petite nouvelle originale je trouve (j'avais commencé hier, je fini maintenant Laughing mais mieux vaut tard que jamais). retravaillée, un peu plus développée, elle sera parfaite.
bon courage

merci à toi aussi, Extialis, pour l'attention que tu as portée à cette nouvelle et pour tes encouragements. C'est sûr que je vais la retravailler de fond en comble!
Amicalement Smile
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plume d'aurore

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Age : 25

MessageSujet: Les Bannis (version retravaillée)   Sam 30 Juil - 21:28

Les Bannis

L'obscurité enveloppe peu le Palais dans le parfum des lauriers-roses et le sifflement des martinets.
C'est l'heure où je regagne cette terrasse où nous passions de longs moments chaque soir, Hafgor, mon amour et moi.
Je m'assois à "notre place" habituelle, je caresse la balustrade où il
s'appuyait, je respire cette odeur d'herbe mouillée qui l'enchantait. Et
je le retrouve surtout dans ces astres qu'il me nommait. Peut-être, là
où il est maintenant, les observe-t-il en même temps que moi. Peut-être
nos pensées volent-elles de l'un à l'autre en ricochant sur les étoiles.
Oh, Hafgor, si tu savais comme ça me fait mal de ne plus te voir...
Voici un an déjà que nous sommes séparés. Hafgor avait douze ans, l'âge
auquel j'arrive maintenant. Dans notre pays, la Kallyrie, c'est celui de
l'initiation. Ce jour, le plus important de notre vie, fait de nous des
adultes, des citoyens à part entière.
Accueillis solennellement par les Anciens, les futurs initiés se
trouvent pris dans une succession ininterrompue de discours, chants,
spectacles, jusqu'au moment crucial, celui de la pose (le rituel parle
de la "greffe") de leur deuxième cerveau. Enfin, considérés comme
"complets", ils prennent part au grand festin du soir.

Alors que ses camarades parlaient fièrement de leur prochaine
initiation, Hafgor m'apparaissait de plus en plus soucieux et il
évoquait la cérémonie avec réticence.
J'hésitais, je ne voulais pas avoir l'air de le brusquer, puis me décidai:
- Je vois bien que tu as un problème, Hafgor. Si tu m'expliquais ce
qui te tourmente, je pourrais peut-être t'aider. Les gens commencent à
se poser des questions, tu sais. L'initiation est une fête, et on dirait
que tu te prépares à une exécution.
- Il y a de cela, Althéa, me répondit-il, l'air sombre.
Tout le monde, en Kallyrie, sait bien ce que représente
l'initiation. Mais il y a une différence entre "savoir" et "comprendre
de l'intérieur" les enjeux de cette cérémonie, ce qu'on nous cache. Et
c'est monstrueux, Althéa.
Il m'exposa les raisons de sa révolte, qui devinrent dès lors notre principal sujet de conversation.
- Je m'expliquerai demain, en pleine cérémonie, me dit-il, la veille de son initiation. Je le dois. J'aurais l'impression d'être complice du Système si je ne disais rien. Et ça réveillera peut-être des gens.
- Non, Hafgor! criai-je. Tu imagines le scandale! On te le ferait payer cher, et nous risquerions d'être séparés...
-Tu vois, Althéa, toi aussi, tu as peur! Tu trouves ça normal de ne pas
pouvoir dire sans peur ce que tu penses du fonctionnement de ton pays?
Vraiment, il n'y a rien d'extraordinaire à réclamer le respect de l'autonomie due à tout être humain.
Désespérée, je compris que rien ne le ferait changer d'avis.

Evidemment, j'ignore les paroles échangées entre Hafgor et les Anciens
qui dirigeaient son initiation. Je sais seulement que je ne le revis
plus depuis ce jour-là. Peu après sa disparition, une note du Conseil
des Anciens nous apprit qu'il avait été chassé de la Cité, exilé dans la
Réserve des Bannis. Nul ne devait plus prononcer son nom.

Une sonnerie stridente m'arrache à mes souvenirs. Vite, je regagne ma
chambre avant que les Gardes ne prennent le contrôle des couloirs.

**

Mes réflexions se poursuivent après que j'aie regagné ma chambre.
Bien sûr, depuis sa disparition, je pense chaque jour à Hafgor avec une
douleur poignante. Ses réflexions sur le fonctionnement de notre pays me
reviennent en force à l'approche de ma propre initiation.
Je saisis le "Manuel de normalisation civique" qui nous a été distribué en classe, et je relis le passage consacré à l'initiation et au deuxième cerveau:

"Lors de votre initiation, vous recevrez votre deuxième cerveau. Mais savez-vous pourquoi cela est si important?
Le deuxième cerveau, c'est ce qui a permis à votre pays, la Kallyrie, de jouer ce rôle d'arbitre international, de dominer politiquement et militairement toute la région, d'en garantir la paix et la prospérité.
Jusqu'à présent, vous n'avez utilisé que votre cerveau interne, votre cerveau de naissance, et vous en connaissez les limites. Bien sûr, il vous a permis d'acquérir les connaissances de base indispensables dans notre société. Mais quels efforts vous a-t-il fallu pour parvenir à ce stade? Eh bien, ces efforts, vous en êtes quittes désormais. Votre deuxième cerveau, synchronisé avec votre cerveau interne, vous ouvrira à volonté un accès instantané et illimité à toutes les connaissances humaines. Il vous suffira de vous poser une question; aussitôt, sous la forme d'un flash, vous en obtiendrez la réponse!
Vous comprenez pourquoi nos dirigeants, nos économistes, nos militaires sont les meilleurs du monde? "
Comme à chaque lecture, je trouve ce texte consternant. Mais je n'ai pas le temps de l'analyser davantage.
La porte de ma chambre s'ouvre. Dame Raguel, la Responsable de notre groupe, entre brusquement:




- Le garde m'a avertie qu'il y avait encore de la lumière sous ta porte, Althéa. Tu ne dors pas? Ah, tu lis le Manuel ! C'est bien. Mais tu devrais déjà dormir. Eteins-moi cette lampe, et vite, s'il te plait !
Je m'exécute. Elle quitte la chambre.
Je ferme les yeux. Comme chaque soir, juste avant de sombrer dans le sommeil, je revois le fin visage de Hafgor, ses boucles brunes, la douceur de ses yeux noisette. Il me dit: "Vraiment, il n'y a rien d'extraordinaire à réclamer le respect de l'autonomie à laquelle a droit tout être humain." Concrètement, quel espace de liberté, quelle autonomie ai-je alors que n'importe qui, y compris cette vieille teigne, peut à tout moment, violer l'intimité de ma chambre?

**

Les jours passent. J'ai relu plusieurs fois le passage du Manuel concernant l'initiation, et je suis atterrée. Pour qui nous prennent-ils, nos dirigeants, pour oser nous servir une telle bouillie? Je n'ai aucune envie que mon pays en domine d'autres. Je n'ai aucune envie de cesser d'étudier. Enfin, la bêtise de ce texte atteint son sommet dans le triomphalisme chauvin de la dernière phrase.
Je suis trop perturbée et je ne me surveille plus assez. Ce matin, j'ai commis une grave imprudence.
C'est arrivé à la fin du cours d'algèbre. En repliant sa serviette, Monsieur Zakrop, notre professeur, nous dit:
- C'était votre dernier cours, jeunes gens, puisque, la semaine prochaine, vous passez votre initiation. Il y en a qui doivent se sentir soulagés!
- Je trouve ça dommage, monsieur!
m'écriai-je. J'aime bien l'algèbre. Pourquoi ne pourrions-nous pas continuer à étudier après l'initiation?
- Voyons, Althéa! C'est tout simplement que vous n'en aurez plus besoin. Tu sais bien que ton deuxième cerveau te donnera la réponse à toutes les questions que tu peux te poser!
Sur ce, je vous félicite tous. Je vous reverrai le jour de votre initiation. Je peux vous dire que vous vivrez un jour inoubliable.

Tout le monde se leva et l'applaudit. Et monsieur Zakrop quitta la salle.
La brusque sortie du professeur me fit mesurer mon erreur. Mes camarades me regardaient de biais, l'air de dire: "Toi, vraiment, tu cherches les ennuis..."
Et les ennuis arrivèrent.

A cinq heures, ce soir, une surveillante m'avisa que dame Raguel m'attendait dans son bureau. La Responsable m'accueillit, le visage figé sous son éternel chignon, raide dans sa longue tunique verte.
- Assieds-toi, Althéa, et explique-moi ce qui s'est passé ce matin, au cours du professeur Zakrop.
- Mais rien, dame Raguel,
protestai-je. Simplement, à la fin du cours, monsieur Zakrop nous a annoncé que c'était le dernier, et j'ai dit comme je regretterais de ne pas poursuivre les cours d'algèbre après l'initiation.
Devant l'air glacial de Dame Raguel, je me repris:
- Bien sûr, je comprends qu'on n'ait plus besoin d'étudier, puisque notre deuxième cerveau nous donnera toutes les réponses possibles dans tous les domaines. Et je me gardai bien d'ajouter: "J'aimerais simplement étudier pour le plaisir."
- Bien sûr, comme tu dis! fit Dame Raguel. Maintenant, peux-tu me donner une raison objective, une seule, qui justifierait qu'on vous laisse étudier après l'initiation?

- La mémoire. J'ai peur de perdre la mémoire, répondis-je. Est-ce qu'elle ne risque pas de baisser si je ne la fais plus travailler?
- Ne sois pas stupide, Althéa! Ta mémoire ne court aucun risque. C'est justement pour cette raison que nous ne vous donnons votre deuxième cerveau qu'à douze ans. Nous voulons être sûrs que vous disposez des connaissances de base et que vous avez suffisamment exercé votre mémoire auparavant. Ce que tu as appris jusqu'à présent, tu ne l'oublieras jamais. Te voilà rassurée?
- Oui, merci, dame Raguel.
Croyant l'entretien terminé, j'allais me lever, quand mon interlocutrice reprit solennellement:
- Autre chose que je dois te dire, Althéa, en tant que Responsable de ton groupe. Tu devrais travailler sérieusement à dépasser ta vision trop personnelle des choses. Si tu as l'impression qu'on t'impose quelque chose qui ne te plaît pas, dis-toi que c'est dans l'intérêt supérieur de la Kalllyrie. Et, en fin de compte, tout ce qui est utile à ton pays te revient en retour. Tu me comprends?
- Oui, dame Raguel.
Je la saluai et sortis.

Maintenant que j'ai regagné ma chambre, la fureur me submerge.
Dame Raguel n'a pas compris (ou fait semblant de ne pas comprendre? ) mon désir d'étudier et ma question sur la mémoire.
Je m'en veux de ma lâcheté. Je n'ai pas insisté, mais je pensais aux bruits sinistres qui courent sur la Réserve des Bannis où Hafgor se trouve maintenant exilé.

**

Mon angoisse a grandi au fil des jours. Me voici arrivée (déjà...) à la veille de mon initiation. Les membres de ma classe d'âge pensent seulement à leurs nouveaux droits et aux cadeaux qu'ils recevront. Quant à moi, je me répète en boucle des réflexions qui se confondent avec les inquiétudes dont Hafgor me faisait part l'année dernière.
A quoi me servirait un "faux" cerveau qui me donnerait instantanément la profondeur de tel gouffre marin ou le nombre d'os de tel animal préhistorique? Pourquoi le gouvernement et les Anciens considèrent-ils le fait d'apprendre et le travail de la mémoire comme un fardeau, dont il faudrait, dès que possible, nous débarrasser? J'ai peur de deviner, derrière une telle absurdité, un but inavouable. Car enfin, malgré l'accès à une banque de données quasi illimitée, ce projet représente la négation même de la culture. Oublient-ils, nos dirigeants, que la mémoire est un outil de l'intelligence, que sans mémoire, il ne peut y avoir de culture? Oublient-ils que les connaissances intériorisées sont un plaisir, comme ces poèmes qui nous chantent dans la tête, comme ces associations d'idées qui nous éblouissent ou nous font éclater de rire aux moments les plus saugrenus?
Les partisans du deuxième cerveau peuvent bien objecter que rien ne nous empêcherait, si nous y tenions, d'utiliser notre mémoire, d'apprendre un texte par coeur, par exemple. Mais qui me dit qu'il serait possible de neutraliser le "faux" cerveau? Et puis, je me rappelle ce qui s'est passé dans l'Ancien Temps quand tout le monde a disposé de machines à calculer automatiques. Par paresse, les gens s'en sont remis aux machines. Peu à peu, la plupart sont devenus incapables de calculer de tête.
Mes pensées se précipitent sous l'effet de la peur.
Que sont ces dirigeants qui nient le plaisir de la culture, qui veulent en priver leurs concitoyens et même altérer leurs facultés intellectuelles, qui relèguent dans une réserve les mal-pensants? C'est clair qu'ils veulent régner sur un peuple assujetti, qui n'ose se rebeller.
Et que dit le Manuel ? Notre deuxième cerveau serait "synchronisé" à notre cerveau interne. Imaginons qu'il arrive à prendre le dessus sur notre "vrai cerveau", qui finirait par s'atrophier. Pratiquement il ne resterait que le deuxième cerveau; et, par son intermédiaire, n'importe qui pourrait nous contrôler.
C'est terrifiant. Mais pourquoi n'y a-t-il pas davantage de gens qui réagissent? Je pense à Hafgor. Et je suis furieuse contre moi. Pourquoi n'ai-je pas compris plus tôt? Comme s'il m'avait fallu me retrouver au pied du mur pour réagir. Maintenant il ne me reste que cette nuit, quelques heures, avant l'initiation. Je refuse de devenir un robot humain.
Le silence gagne peu à peu l'ensemble du Palais. Je réduis au maximum l'intensité de ma lampe et l'oriente de telle manière que la lumière ne soit pas perceptible du couloir. Puis je me mets au lit avec une tablette de lecture, comme si je voulais finir un roman avant de m'endormir.
A minuit, quand je serai sûre que tout le monde dort, je me lèverai sur la pointe des pieds et je fuirai par la fenêtre dont je laisse les vitres ouvertes. Je gagnerai la Réserve, retrouverai Hafgor...
Mais que m'arrive-t-il ? Je me sens brisée, écrasée de fatigue; Je n'arrive plus à rester assise, mes yeux se ferment, impossible de les garder ouverts... Si j'arrivais à me traîner jusqu'au lavabo, je pourrais me tremper la figure dans l'eau pour me réveiller... Impossible...
La porte de la chambre s'ouvre doucement. Dame Raguel entre. Son chignon est impeccable et elle porte la même tunique verte que cette après-midi. Elle tient une mallette médicale.
- Je lisais un peu avant d'éteindre la lumière, dis-je.
- Justement, tu vas vivre un grand jour demain, je comprends que tu te sentes excitée et je t'apporte un calmant très léger, qui t'aidera à dormir.
De la mallette, elle tire une seringue enveloppée dans son sachet et une ampoule à injection qu'elle pose sur la couverture. Puis elle saisit un flacon d'éther dont elle mouille un mouchoir. L'odeur me donne mal au coeur.
- Petite idiote! ... dit-elle, en me plaquant le mouchoir sur le nez. Si tu croyais pouvoir nous faire le même cirque que ton copain l'année dernière!...
Elle me maintient fermement.
Je tombe dans un trou blanc.

J'ouvre les yeux et reprends conscience peu à peu. Je ne suis pas morte?
- Althéa, ma chérie! C'est la voix de Hafgor.
Je tourne un peu la tête et je l'aperçois auprès de moi.
Je trouve la force de murmurer:
- Dame Raguel...
- N'y pense plus !
me répond Hafgor. C'est fini. Je t'expliquerai quand tu iras mieux. Pour le moment, essaie de te reposer.
Je veux protester. Je tente de me soulever. J'ai juste le temps d'apercevoir un grand nombre de gens assis sur l'herbe autour de nous. En silence, ils regardent un rideau de feu au loin.
Je replonge.
Quelques heures plus tard, je suis enfin complètement réveillée, je sens que j'ai repris le dessus. Je rappelle à Hafgor sa promesse, et il me raconte ce qu'il sait du déroulement des faits:
- Je me doutais, j'espérais que tu comprendrais le danger, me dit-il. Je savais aussi que les initiations ont toujours lieu le vingt-quatre juin. Je tournais autour du Palais pour t'aider au cas où tu déciderais in extremis de fuir. Je me dissimulais donc dans le jardin quand je vis Dame Raguel s'encadrer dans ta fenêtre, ça m'a décidé. Grâce à un pilastre, j'ai pu arriver au niveau de cette fenêtre, et j'ai surgi dans ta chambre au moment où cette ordure te faisait respirer de l'éther. Je lui suis tombé dessus et je lui ai projeté le reste du flacon d'éther dans la figure. La laissant pliée en deux sur la moquette, je t'ai emportée par où j'étais venu.
- Tu m'as sauvée!
...Mais l'incendie?
- Je ne peux pas te répondre, ma chérie. Je sais seulement que rien ne brûlait quand nous avons franchi la fenêtre, toi dans mes bras. Rien ne brûlait non plus quand nous sommes arrivés au portail extérieur du Palais.
J'ai bien une idée, mais ce n'est qu'une hypothèse. Tu sais qu'on a retrouvé dans ta chambre les restes calcinés de deux cadavres. Le premier, évidemment, était celui de dame Raguel. Je la revois, telle que nous l'avons laissée, écroulée au pied de ton lit, les cheveux et les vêtements imbilbés d'éther. Les restes d'une bague à moitié fondue ont permis d'identifier, près d'elle, le professeur Zakrop.
Du comportement de dame Raguel, je déduis que Zakrop et elle se méfiaient de toi, ils ne voulaient pas courir le risque d'un scandale lors de l'initiation de demain. Il en allait de leur crédibilité aux yeux des Anciens, donc de leur statut. Ils ont décidé de te "neutraliser" et de te faire disparaître. Dame Raguel devait intervenir la première. En cas de rencontre imprévue, les gens s'étonneraient moins de voir une femme, la Responsable du groupe, pénétrer dans une chambre de jeune fille. Elle commençait à t'endormir à l'éther et s'apprêtait à t'injecter du poison quand j'ai sauté dans la chambre. Pendant ce temps, Zakrop attendait son appel pour la rejoindre. Puis tous deux se seraient débarrassés de ton corps. J'imagine que Zakrop, attendant vainement qu'elle lui fasse signe, a pris peur et qu'il s'est précipité dans ta chambre. Dans sa précipitation, il a dû approcher son manteau de la flamme sacrée qui brûle sans interruption dans la grande vasque à l'entrée du Palais. Malheureusement pour lui, il ne s'en est pas rendu compte, il suffit d'une flammèche. Comme ta fenêtre était ouverte, il a dû provoquer un courant d'air en ouvrant la porte. Ajoutes-y les vapeurs d'éther. Les conditions étaient réunies pour qu'ils s'enflamment, dame Raguel et lui. Et le feu aura vite fait d'embraser le reste du Palais.
Mais je te le répète, Althéa, ce n'est là que "mon" hypothèse.
- Les choses ont bien pu se passer ainsi,
dis-je. Mais c'est terrible de penser à tous les gens morts ce soir-là.
- Tu ne vas quand même pas culpabiliser!
proteste Hafgor. N'oublie pas
qu'ils voulaient te tuer, ces deux-là ! L'éther, c'est dame Raguel qui l'avait apporté, et il explique la propagation si rapide de l'incendie. Les gens de la Réserve sont accourus au plus vite pour essayer de sauver des vies. Hélas, le toit en flammes s'est effondré à leur arrivée.

**

Un an a passé depuis la catastrophe. Personne ne souhaite rebâtir le Palais. Ses pierres calcinées témoignent du malheur promis aux peuples qui méprisent la culture et ne respectent pas l'homme en eux-mêmes ni dans l'autre.



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